Nouveau-Brunswick: Higgs s’engage envers l’équilibre budgétaire
FREDERICTON — Le premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick s’engage envers l’équilibre budgétaire pour le présent exercice et l’année subséquente, sans augmenter les impôts, avec l’objectif d’avoir un meilleur contrôle sur les finances de la province et de réduire le recours aux transferts fédéraux.
Blaine Higgs a pris cet engagement en prononçant son premier discours sur l’état de la province depuis son assermentation comme premier ministre en novembre, jeudi soir, devant un auditoire du monde des affaires à Fredericton.
M. Higgs a fait valoir que l’équilibre budgétaire ne devrait pas être une «question partisane», mais plutôt un objectif fondamental du gouvernement.
Le gouvernement libéral précédent avait dégagé un léger excédent l’an dernier, le premier depuis dix ans.
Le Nouveau-Brunswick a une dette nette de 13,9 milliards $, et M. Higgs affirme que la province verse sept cents sur chaque dollar de revenus d’impôt en intérêts.
M. Higgs a affirmé que la province dépendait trop des deniers publics pour maintenir l’économie en marche, et qu’il s’agissait d’une situation qui devait être corrigée.
«Nous voulons faire croître l’économie privée afin qu’elle puisse payer pour les services publics que nous voulons. Et nous pouvons faire payer moins d’impôt à tout le monde», a déclaré le premier ministre.
M. Higgs a fait état d’un sentiment d’urgence pour apporter des changements.
«Je vois une province qui a dit oui aux taxes et non à l’industrie si souvent que nous envoyons la nouvelle génération dans l’Ouest pour occuper des emplois que nous avons refusés ici, chez nous», a-t-il déclaré aux gens présents à Fredericton.
M. Higgs appelle à réduire la dépendance du Nouveau-Brunswick au financement fédéral. À l’heure actuelle, 36 pour cent du budget provincial provient de paiements de transfert fédéraux.
Il a fait valoir que cela signifie que d’énormes éléments de l’économie et le filet de sécurité sociale dépendent de décisions prises par d’autres.
Néanmoins, M. Higgs a dit qu’il appelait le gouvernement fédéral à soutenir les priorités qui font progresser la province, plutôt que d’affecter les fonds fédéraux aux coupures de ruban.
«Nous devons changer la conviction que chaque fois qu’Ottawa nous propose un projet de financement à 50/50, nous devons accepter le marché ou nous perdons de l’argent», a-t-il évoqué.
Ses propos interviennent juste un jour après l’abandon du financement des Jeux de la Francophonie de 2021 en raison de la montée en flèche des coûts et de la formule de financement d’Ottawa.
M. Higgs a également profité de son discours pour réitérer ses critiques à l’encontre du Québec, qui s’est opposé à la construction de l’oléoduc Énergie Est devant transporter du pétrole de l’Ouest vers une raffinerie et un terminal d’exportation au Nouveau-Brunswick.
Il a souligné que le Québec souhaitait examiner les lignes de transport pour leur permettre de vendre de l’électricité sur le marché de la Nouvelle-Angleterre.
«En tant que Canadien, je le veux aussi pour eux. Mais ce ne sera pas un truc à sens unique», a-t-il déclaré.
«Je m’attendrai à ce qu’ils soient également concernés par notre avenir économique.»