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Québec tergiverse sur les pesticides

Le Québec n’est plus à l’avant-garde dans le domaine de la gestion des pesticides au Canada et risque de ne pas rattraper son retard.

C’est du moins l’avis du groupe Équiterre qui présentait, mardi, les résultats d’une méta analyse réalisée en Ontario concernant l’usage des pesticides et leurs effets sur la santé.

«Notre revue conclut que les fœtus qui sont exposés dans les 12 premières semaines de grossesse et les enfants qui sont exposés au cours de leur première année de vie sont ceux qui courent le plus de risques de développer des problèmes de santé», clame l’auteure, la Dre Margaret Sanborn. Elle fait référence notamment à des problèmes respiratoires et à des troubles neurologiques.

À la vue de ces nouveaux résultats, Équiterre redemande au gouvernement du Québec d’adopter un nouveau Code de gestion des pesticides plus mordant. Le premier date de 2003 et était considéré à l’époque comme avant-gardiste. Il interdit, entre autres, la vente et l’utilisation de 20 ingrédients actifs entrant dans la composition de plusieurs pesticides destinés notamment au paysagement.

Mais il pourrait être amélioré selon Équiterre qui talonne le gouvernement depuis 2009. L’organisme souhaite que la province s’inspire de l’Ontario et la Nouvelle-Écosse. «D’après nos informations, le nouveau code sur lequel le gouvernement planche ira plus loin que l’actuel, mais pas aussi loin que celui de l’Ontario», note Nadine Bachand, chargé de projet chez Équiterre.

L’organisation écologiste souhaite notamment que la notion de prudence adoptée envers les enfants soit étendue à tous. Or, là où l’Ontario n’autorise désormais que les pesticides à faible impact, le Québec pourrait continuer d’autoriser l’utilisation de certains pesticides comme la pyréthrine. Ce produit pourrait être lié au faible Q.I. des enfants les plus exposés, selon une étude publiée dans la revue Pediatrics en 2011.

Il n’a pas été possible de parler à un représentant du ministère du Développement durable, de l’Environnement, Faune et Parcs.

Litige
En 2008, le groupe Dow AgroSciences avait contesté devant l’ALENA la validité du Code de gestion des pesticides québécois. Après arbitrage, le Québec avait dû admettre que le 2.4-D, un désherbant sélectif produit de l’entreprise, ne posait pas un risque inacceptable si utilisé adéquatement. Mais les provinces canadiennes avaient été confortées dans leur droit d’adopter un règlement aussi contraignant.

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