Lady Gaga: une prêtresse des temps modernes
Si sa carrière musicale tombe à l’eau, Lady Gaga pourra gagner sa croûte en donnant des conférences de motivation, pourvu qu’elle arrive à l’heure!
Le public montréalais a eu droit à une version bonifiée du Monster Ball Tour de la chanteuse hier soir au Centre Bell. Lors de son dernier passage dans la métropole, en juin 2010, la star s’en était tenue aux pièces de ses deux premiers albums. Mais pour souligner son quatrième concert dans l’antre de la Sainte Flanelle en moins de deux ans, Stefani Germanotta avait décidé d’offrir en boni quelques extraits de son nouvel album, dont la sortie est prévue pour le 23 mai.
Elle s’est fait un peu trop désirer, la Gaga. À tel point qu’à 22 h tapantes, avec un retard de 30 minutes, même ses fans les plus fidèles ont exprimé leur frustration en la huant copieusement. Tout est rentré dans l’ordre une fois que l’étoile s’est finalement montré le bout du nez (et ce, littéralement, puisqu’on pouvait à peine voir son visage derrière ses verres fumés, ses épaulettes disproportionnées et son épaisse crinière blonde).
Miss Gaga s’est donné des airs de prêtresse à plusieurs reprises durant la soirée, martelant son message de tolérance et d’ouverture après chaque chanson… ou presque. Ces brisures de rythme ne semblaient toutefois pas déplaire aux spectateurs, qui buvaient chacune de ses paroles. «On ne vit qu’une seule fois», «N’ayez pas peur d’être différents», «Vous êtes tous uniques»…
La chanteuse a martelé ces phrases avec tellement d’insistance qu’il nous est souvent arrivé d’oublier qu’on assistait à un concert pop-rock. On avait plutôt l’impression d’avoir été convié à une célébration de l’humanité avec un grand H.
Avant d’interpréter son tube Telephone, Gaga s’est même arrêtée pendant une bonne dizaine de minutes pour – entre autres choses – lire devant tout le monde une lettre qu’une de ses admiratrices lui avait envoyée.
Quand la musique résonnait dans les haut-parleurs, l’ambiance était à la fête, grâce à des bombes de la trempe de Just Dance, Poker Face, Bad Romance et la nouvelle Born this Way, qu’elle prévoyait faire au rappel.
2010 vs 2011
Comment le Monster Ball Tour 2011 se compare-t-il avec sa version 2010? Voici ce qu’on en avait pensé alors… et ce qu’on en pense aujourd’hui.
- «Le penchant de la star pour les artifices la sert très bien sur les morceaux plus dansants de son répertoire.» (2010)
- Quoiqu’un peu lourde à l’occasion, la mise en scène du spectacle se marie bien avec la pop dansante et irrésistiblement clinquante de la chanteuse. (2011)
- «Mais à force de beurrer épais, la jeune femme se tire parfois dans le pied.» (2010)
- Gaga ne fait pas les choses à moitié… et c’est pour ça qu’elle récolte autant de succès partout où elle met ses talons hauts. Au diable la simplicité! (2011)
- «Si Gaga se démarque par ses costumes extra-vagants, on ne peut pas en dire autant de ses pas de danse […]» (2010)
- La jeune femme de 25 ans danse avec davantage d’assurance, mais ce sont ses excentriques tuniques qui volent le spectacle. (2011)