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Une facture qui suscite des questions pour le chantier de la 32e rue

Le coût des travaux de réfection sur la 32e rue, dans Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, suscite bien des questions. Y a-t-il eu des irrégularités? L’arron­dissement s’en défend.

Chronologie. Mars 2009, l’explosion du coût des travaux (900 000 $ pour refaire 330 m de rue) inquiète la conseillère d’arrondissement Suzanne Décarie. Au départ, pourtant, l’arrondissement avait évalué les travaux à 586 489 $. Comment en est-on arrivé là?

«Pour l’estimation préliminaire des travaux, on s’est basé sur les outils d’évaluation de la Ville», explique Gaétan Bégin, directeur des travaux publics de l’arrondissement. Pourtant, le prix moyen pour ce type de travaux (pulvérisation et stabilisation) est d’environ 80 $/m2, d’après les données recueillies auprès du service des infrastructures de la Ville. Cela donnerait alors une estimation de 330 000 $ pour le coût du chantier.

C’est la société Construc­tion et pavage Jeskar qui a par la suite remporté le contrat en présentant la soumission la plus basse, 693 967 $, soit 18 % de plus que l’estimation initiale de l’arrondissement.

La facture grimpe

Quelques mois plus tard, en cours de chantier, à la suite d’imprévus d’ordre topographique, on décide de changer le profil de la rue, ce qui nécessite notamment de rehausser son niveau et de refaire les raccordements d’asphalte avec les propriétés riveraines. La facture grimpe alors à 897 290 $.

Une fois les travaux terminés, la conseillère demande à voir les certificats de pesée pour vérifier si les quantités d’asphalte facturées ont bien été livrées. «Il ressort des calculs que seuls 80 mm d’asphalte auraient été posés au lieu de 110 mm», prétend la conseillère.

Cela représenterait une somme de 56 000 $ en moins. La direction des travaux publics de l’arrondissement rétorque que le Laboratoire central de la Ville de Montréal n’a décelé aucune anomalie et que des certificats de pesées ont pu être égarés. «Il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau», selon M. Bégin.

Seul un carottage permettrait de trancher. Pour Mme Dé­carie, l’examen de ce dossier entraîne d’autres questions. Peut-on faire confiance aux sociétés chargées de superviser les travaux? Les fonctionnaires de l’arrondissement font-ils correctement leur travail de vérification? «Je ne veux pas mettre en doute l’honnêteté de tout le monde, mais je me demande à qui je peux me fier», conclut-elle.

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