Le maire de Laval aurait offert 10 000 $ à Serge Ménard
Gilles Vaillancourt, le maire de Laval, a offert 10 000 $ comptant au candidat péquiste Serge Ménard dans le cadre d’une élection partielle dans la circonscription de Laval-des-Rapides en 1993, selon une enquête de Radio-Canada.
M. Ménard, qui faisait alors son entrée en politique, a révélé avoir rencontré le maire Vaillancourt dans son bureau de l’hôtel de ville de Laval. «Là, il m’a présenté une enveloppe dans laquelle il m’a dit qu’il y avait 10 000 $ et que c’était une contribution à ma caisse électorale», se souvient celui qui se présentait sous la bannière du Parti québécois. Sous le choc, il dit avoir immédiatement refusé cet argent.
Toutefois, l’ancien criminaliste n’a pas eu l’idée de remettre l’argent à la police. «Je n’y ai pas pensé sur le coup. Et pour moi, l’important, c’était de refuser», explique-t-il. Serge Ménard affirme avoir souvent regretté de ne pas avoir dénoncer le maire Vaillancourt, qui siège à la mairie de Laval depuis 21 ans. «[J’accepte d’en parler aujourd’hui] parce que vous me l’avez demandé et que vous le saviez», a-t-il déclaré à Radio-Canada.
Toujours selon les recherches de la société d’État, un autre politicien, l’actuel député libéral de Vimont, Vincent Auclair, se serait lui aussi vu offrir une enveloppe par Gilles Vaillancourt à l’occasion d’une élection partielle. L’offre, qui a eu lieu à l’hôtel de ville au printemps 2002, se serait déroulée de la même manière que pour Serge Ménard. Vincent Auclair a lui aussi refusé l’enveloppe. La chef du Mouvement lavallois, Lydia Aboulian, candidate défaite à la mairie en 2009, a rapidement réagi en exigeant la tenue d’une enquête publique sur le financement des élections.
Elle demande également au maire Vaillancourt de se retirer en attendant le résultat de ladite enquête. L’attaché de presse du maire de Laval a déclaré que M. Vaillancourt nie toutes ces affirmations. Quant au premier ministre Jean Charest, il devrait réagir à ces révélations mardi.