Le célibat n'a pas d'âge

Parfois, quand on est célibataire, on se regarde un peu trop le nombril. On a l’impression que le célibat ne touche que les garçons et les filles de notre âge, que c’est le fléau de notre génération et de notre société.

On s’apitoie sur notre sort et on maudit les parents des enfants de la génération Y – nos parents! – dont plus de 50 % sont séparés. «Si mes parents ont divorcé quand j’avais cinq ans, quel modèle est-ce que j’ai pour m’aider à former un couple ou une famille unie?» se demandent certaines de mes amies célibataires.

On accuse également les nouvelles technologies d’être les artisans de notre malheur. «C’est bien plus compliqué de rencontrer quelqu’un aujourd’hui que dans le temps de nos ancêtres. Les gens n’osent plus s’aborder depuis qu’ils communiquent par courriels et par SMS!» clament-elles.

Si, pour nous, il est aujourd’hui difficile de vivre notre célibat, avec toutes ces amies enceintes qui nous entourent, il faut regarder plus loin que le bout de notre nez et nous rappeler que notre état civil a touché, de tout temps, toutes les générations.

Premièrement, les bébé-boumeurs, qui ont été nombreux à mettre fin à des unions qui ne les satisfaisaient pas dans les années 1980 et 1990, n’ont pas tous retrouvé l’amour après leur divorce. Prenez mes parents, par exemple. Mon père a maintenant une conjointe, mais il a cultivé des habitudes de vieux garçon pendant plusieurs années avant de «refaire sa vie».

Ma mère, elle, est toujours célibataire. Quand je me surprends à chialer et à penser «c’est pas facile de trouver la perle rare quand tous les bons gars sont déjà pris», je me dis que la situation est beaucoup plus ardue pour une femme à l’orée de la soixantaine. Non seulement les «bons gars» sont pas mal tous pris, mais elle doit faire compétition aux «petites jeunes», et même commencer à jongler avec l’idée qu’elle finira peut-être ses jours sans compagnon à ses côtés. Quand on se compare, on se console!

Cependant, les gens des autres générations que la nôtre vivent peut-être mieux leur célibat que nous, enfants de la génération Y, qui voulons tout, et tout de suite. Ma mère me dit souvent qu’elle sait profondément que l’amour va lui retomber dessus, alors que moi, je doute. La grand-mère d’un de mes amis, fière célibataire de 78 ans, partage même avec son petit-fils avec une bonne humeur contagieuse, ses histoires de sites de rencontres qui, ma foi, sont parfois plus croustillantes que celles de mon copain!

«L’autre jour, un homme que j’ai vu à quelques reprises m’a dit qu’il fallait qu’on ait des relations sexuelles bientôt pour voir si on est vraiment faits pour aller ensemble!» lui a-t-elle confié.

Célibataires de 28, de 58 ou de 78 ans : même combat!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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