«Le pire budget jamais vu pour l'environnement»

J’ai participé aujourd’hui au dévoilement du budget 2009 du gouvernement fédéral à Ottawa. Dans le cadre de ma chronique d’hier, je vous ai présenté mes attentes quand au budget fédéral du gouvernement Harper.

Ce n’est pas la première fois que je participe au dévoilement du budget fédéral et je vais vous faire une confession… Le budget 2009 est le PIRE budget que j’ai vu en matière de développement durable, d’économie verte et d’environnement.

Alors que pour Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et bien d’autres l’économie doit être relancée sur les bases de l’environnement et du développement durable, pour les conservateurs de Stephen Harper, l’environnement est un frein à l’économie et les conservateurs ne parlent d’environnement que pour faire plaisir à l’électorat et essayer de se coller sur le nouveau président américain.

Ce budget n’a d’environnement que le nom. Imaginez un peu, sur un peu plus d’un milliard d’investissement «vert» en 2009-2010, 300 M$ vont au nucléaire et plus de 200 M$ aux pétrolières pour le développement d’une technologie qu’on appelle «capture et stockage du carbone». Donc la moitié du budget «vert» va aux pétrolières et au nucléaire. Non, vous ne rêvez pas, en fait, il s’agit plutôt d’un cauchemar.

De plus, le gouvernement entend réduire la «paperasse administrative». Ce sont là les mots du ministre des Transports John Baird (ancien ministre de l’environnement). Le tout afin d’accélérer la mise en ouvre de différents projets. Ce qu’il veut dire par là, c’est que les conservateurs veulent abolir des pans complets de l’évaluation environnementale au Canada dont l’objectif premier est la protection de la santé du public et de l’environnement… Belle façon de réconcilier économie et environnement.

Le solaire n’est pas mentionné une seule fois, pas plus que la géothermie. On parle bien de rénovations éco-énergétique, mais il ne s’agit que de saupoudrage puisque les fonds disponibles sont de l’ordre de 300 M$ alors que les besoins sont 10 fois supérieurs à ce montant.

Le mot «éolien» n’est mentionné qu’une fois dans le document de 400 pages et c’est en référence à un petit projet à l’Île-du-Prince-Édouard. Pourtant, tous s’attendaient à ce que le fédéral investisse dans un programme existant d’encouragement à la production d’énergie éolienne. D’ici quelques mois, ce programme n’aura plus de fonds disponibles pour financer le développement éolien, ce qui va notamment pénaliser les 2000 MW de projets annoncés par Québec au printemps dernier.

L’expression «changements climatiques» n’est également mentionnée qu’une seule fois et c’est pour souligner les bienfaits du nucléaire dans le cadre de la lutte aux changements climatiques. Stephen Harper a probablement oublié que le nucléaire a été spécifiquement exclu du protocole de Kyoto.

Alors que Barack Obama annonçait hier de nouvelles normes pour les voitures en plus de renverser la décision de Bush empêchant les états comme la Californie d’imposer des normes plus strictes aux constructeurs automobiles, Ottawa n’offre plus aucun incitatif pour l’achat de véhicule efficace.

Autre profonde déception, le programme pour les «infrastructures vertes». Ce programme est de l’ordre de 1 G$ sur cinq ans alors que les besoins se chiffrent autour de 24 à 31 G$ sur la même période… Du saupoudrage!

J’ai vivement critiqué le budget 2008-2009 parce que dans le cadre des mesures vertes, 300 M$ allaient aux pétrolières et à peu près le même montant allait au nucléaire. Or, force est de constater que les conservateurs se sont surpassés cette année et ont réussi à faire pire… Et moi qui croyais qu’ils avaient touché le fond du baril.

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