Les négos du secteur public s’annoncent difficiles
MONTRÉAL – Les négociations entre le gouvernement du Québec et ses employés s’annoncent difficiles.
Un premier regroupement représentant près de 100 000 syndiqués a déposé ses demandes, mardi, en vue du renouvellement des conventions collectives des employés de l’État, qui viennent à échéance le 31 mars 2015, et déjà le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, laisse entendre qu’elles sont déraisonnables.
«La demande qui vient de tomber aujourd’hui sur la table est quand même une grosse bouchée à avaler, a déclaré le ministre. Ce que je veux rappeler aux Québécois et aux syndicats en particulier, c’est que le contexte budgétaire est très serré. (…) Il est très, très, très serré.»
La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui regroupe la grande majorité des infirmières, et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente le tiers des enseignants de la province, ont présenté un cahier de demandes qui comporte, entre autres, des augmentations salariales de 13,5 pour cent sur trois ans.
Ces augmentations comprennent au premier chef un rattrapage de 4,5 pour cent la première année représentant la perte du pouvoir d’achat depuis 2004, les syndiqués estimant qu’ils font les frais du discours des finances publiques serrées depuis trop longtemps.
«Maintenir l’équilibre budgétaire, c’est un choix politique. Nous, les salariés de l’État — dans notre cas, de la santé et de l’éducation —ça fait des années qu’on fait les frais de ces choix budgétaires-là. À un moment donné, il faut qu’il y ait un rattrapage», a déclaré la présidente de la FIQ, Régine Laurent, en entrevue avec La Presse Canadienne.
Les salariés réclament également une augmentation salariale de 2 pour cent par année et une prime d’attraction et de rétention de 1 pour cent par année.
«On ne peut pas penser attirer des jeunes en éducation et en santé si on ne donne pas des conditions salariales qui soient acceptables», a indiqué Mme Laurent.
Le ministre Coiteux n’a pas tardé à réagir, soufflant le chaud et le froid.
«Le gouvernement, bien entendu, va prendre connaissance en toute bonne foi du détail des demandes qui nous ont été faites aujourd’hui», a-t-il indiqué.
Il cependant averti que les offres gouvernementales, qui seront présentées cet automne, «vont prendre en compte non seulement les demandes syndicales mais aussi et surtout, d’abord et avant tout, l’intérêt de l’ensemble des Québécois».
Le ministre Coiteux a fait valoir que chaque point de pourcentage d’augmentation salariale représentait 388 millions $ pour l’ensemble des employés de l’État, laissant entendre qu’il n’était nullement prêt à compromettre son objectif ultime.
«L’objectif du gouvernement est absolument inébranlable quant à rétablir l’équilibre budgétaire en 2015-2016 et de le maintenir par la suite», a-t-il dit.
La présidente de la FIQ, qui avait pris connaissance des propos du ministre, a réagi en négociatrice habituée à ce genre de discours.
«Dans une négociation, ce sont les deux parties qui font un bout de chemin. Il va falloir que les deux parties fassent un bout de chemin. On ne pourra pas s’en sortir autrement», a déclaré Mme Laurent.