Moins de vols à l'étalage selon les commerçants
« Nous avons moins de pertes et depuis quelque temps, nos agents de sécurité attrapent moins de voleurs », explique Pasquale Di Rienzo du Provigo situé sur le boulevard Léger.
M. Di Rienzo croit que le quartier est débarrassé des réseaux de voleurs qui étaient le principal problème. Ceux-ci prenaient parfois jusqu’à une quarantaine de morceaux de steak par vol. Malgré tout, l’épicier estime que quelqu’un essaie de le voler, chaque semaine.
« Quand j’ai acheté mon commerce en novembre 2012, c’était un vrai problème, explique M. Di Rienzo. Il y avait des réseaux qui venaient voler et nous perdions environ 30 000 $ par année. Le problème n’est pas complètement réglé, mais c’est beaucoup mieux. »
Agence de sécurité
Comme plusieurs commerçants du quartier, le Provigo a engagé une firme spécialisée de gardiens de sécurité. Ceux-ci coûtent de 18 $ à 25 $ de l’heure.
« Nous n’épargnons pas beaucoup d’argent, mais nous préférons utiliser notre argent de façon stratégique parce que nous ne pouvons pas prévoir le montant que nous pourrions nous faire voler si nous n’avions pas de gardiens », explique le propriétaire du Provigo.
En plus d’arrêter les voleurs, ces firmes sont responsables du processus judiciaire qui s’en suit et sont sans merci, contrairement à M. Di Rienzo qui est parfois indulgent envers les jeunes et les pauvres.
« Hier, par exemple, nous avons attrapé quatre jeunes de 15 et 16 ans qu’on voit souvent dans le magasin. Ils avaient volé des bonbons. Je leur ai expliqué jusqu’où les procédures pourraient aller si nous portions plainte. Je leur ai dit que ça pourrait nuire à leur avenir. Je pense qu’ils ont compris le message », raconte M. Di Rienzo.
L’épicier explique que certaines personnes démunies lui demandent directement de la nourriture plutôt que de se servir elles-mêmes.
« Les gens qui volent des patates ou un sandwich le font souvent par nécessité, alors on est plus indulgent. Nous ne sommes pas un organisme de charité, mais quand les gens nous le demandent, nous leur en donnons de la nourriture. Ça fait partie de notre engagement pour la communauté », explique-t-il.
D’autres commerces comme le centre d’achats Forest situé sur le boulevard Pie-IX ont aussi engagé leurs propres agents de sécurité.
« Nous sommes situés dans un secteur un peu problématique et certains de nos locataires n’ont pas les moyens d’installer un système de caméra. Alors la présence d’un gardien de sécurité aide à décourager les voleurs », assure Rayna Herrera du centre Forest.
Mme Herrera explique que le gardien a également la fonction de rassurer la clientèle, composée de plusieurs personnes âgées.
Pas de statistiques
Le poste de quartier (PDQ) 39 confirme que les policiers sont moins sollicités pour des cas de vols à l’étalage. On reste toutefois prudent sur les raisons qui pourraient expliquer cette diminution du nombre de plaintes. Plus de commerçants feraient plutôt appel à des firmes privées et préféreraient poursuivre les voleurs au civil plutôt qu’au criminel.
Le PDQ 39 a toutefois refusé de nous fournir les statistiques sur le vol à l’étalage, n’ayant pas obtenu les autorisations de l’état-major. Au Service de police de la ville de Montréal (SPVM), on explique que les données n’ont pas été vérifiées et qu’ils pourraient comporter des erreurs. On indique également que les dirigeants seraient en réflexion sur la possibilité de rendre les données policières plus transparentes. Notons toutefois que d’autres postes de quartier ont transmis les données sans délai.