Non au partage du bâtiment de Lambert-Closse
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Un sondage effectué fin mai – et dévoilé au Conseil d’établissement (C.E.) de Lambert-Closse début juin – a démontré la désapprobation des parents de l’institution. Ce sont 80 % d’entre eux qui se sont dits en désaccord avec le projet de cohabitation.
« Notre conseil s’était déjà prononcé contre le projet, mais la commission scolaire nous a demandé de sonder les parents. Près de 60% d’entre eux ont répondu au questionnaire. Je crois que ce qui a nui à l’École des possibles, c’est que leur projet était trop abstrait. On ne voulait pas nous donner une limite précise d’inscriptions. Les familles ont eu peur que leurs enfants perdent leur place dans l’école de quartier », indique le président du Conseil d’établissement de Lambert-Closse et père de deux enfants fréquentant l’endroit, Yves Blanchet.
En plus, la croissance actuelle de l’institution scolaire est de 15 % par année. Si elle se poursuit, elle sera à pleine capacité d’ici quelques années. Le personnel s’inquiétait également du va-et-vient qu’aurait potentiellement causé une école alternative, où les parents peuvent venir au moment qui leur plaît.
Deux idéologies, deux écoles
Au-delà des préoccupations logistiques, ce sont deux idéologies sur l’éducation qui s’affrontent.
« On ne voulait pas qu’il y ait deux systèmes scolaires différents dans le même bâtiment. Plusieurs enfants auraient sûrement voulu aller à l’école alternative, en voyant qu’il y avait, exemple, des récréations plus longues. Certains se seraient sentis traités injustement. Ça nous aurait placés potentiellement dans une logique de conflits perpétuels. Nous n’avions pas d’assurances suffisantes face aux potentiels irritants », continue M. Blanchet.
Du côté de la Commission scolaire de Montréal, des alternatives seront proposées chaque année pour tenter de loger l’École des possibles.
« Nous avons demandé au ministère de l’Éducation de rapatrier deux édifices qui nous appartiennent, mais qui sont en mauvais état. On a toutefois plusieurs besoins dans le secteur. L’école primaire Saint-Louis, par exemple, déborde! En plus, la question d’un système scolaire alternatif polarise beaucoup les parents », souligne la commissaire de Saint-Louis-Mile End, Louise Mainville.