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Maisons d’horreurs à l’année longue

Infestations de vermines, installations électriques défectueuses et moisissures sur les murs, non ce n’est pas un décor d’Halloween, mais plutôt le quotidien de plusieurs locataires qui doivent composer avec différents problèmes d’insalubrité. Pour dénoncer la situation, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a organisé une « Journée des horreurs » pour demander au gouvernement et à la Ville de Montréal d’agir afin que les propriétaires concernés apportent les correctifs nécessaires.

Dès 11 h, le RCLALQ a donné rendez-vous aux citoyens et aux médias au domaine Renaissance, ce grand complexe immobilier de 21 bâtiments situés au coin des boulevards Viau et Robert dans l’arrondissement de Saint-Léonard, qui est visé par le plan d’action sur la salubrité des logements de la Ville-centre.

Par la suite, le groupe qui réunissait une cinquantaine de manifestant s’est dirigé à Montréal-Nord pour aller déposer une lettre au bureau de Gilles Deguire, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, responsable de l’habitation et du logement social de la Ville de Montréal et maire de l’arrondissement de Montréal-Nord.

« Derrière ces problèmes, il y a des gens, des familles qui doivent quotidiennement vivre dans des conditions inacceptables. Ça ne peut pas continuer », mentionne France Émond du RCLALQ.

« Malgré l’intervention de la Ville pour faire des travaux correctifs sur les immeubles, les propriétaires ne les ont toujours pas réalisés. Aucune mesure de suivi n’est prévue pour s’assurer de la salubrité des logements », déplore-t-elle.

Afin d’illustrer la situation, les manifestants ont fabriqué une maison hantée décorée par des photos et objets qui montrent les conditions dans lesquelles vivent certains locataires.

« Nous avons voulu présenter les quatre gros problèmes auxquels font face des milliers de résidents : le mauvais entretien des infrastructures, l’insalubrité, les problèmes de chauffage et les infestations de vermines », indique Sylvie Dalpé, de l’organisme Action Dignité de Saint-Léonard.

Gilles Deguire absent

Devant la mairie de l’arrondissement de Montréal-Nord, les représentants et militants des divers groupes membres du RCLALQ ont dénoncé le faible nombre de constats d’infraction remis par les inspecteurs municipaux par rapport au nombre de plaintes de locataires qui sont déposées.

D’autres problèmes ont été mis en lumière : des propriétaires qui n’allument pas les systèmes de chauffage avant décembre ou avant qu’il ne neige, des problèmes de sécurité liés à des logements en mauvais état, des infiltrations d’eau qui causent des moisissures, le non-respect des transferts de baux de location.

Puis, deux délégués du Comité logement de Montréal-Nord ont parlé de logements infestés par de la vermine et ils ont affirmé qui achoppe, dans l’application des règlements, est le suivi des dossiers à la suite au dépôt d’une plainte. « Les règlements sont très bons, en théorie. Le problème, c’est que leur coercitif n’est pas assez utilisé », affirment-ils.

À la fin de l’énumération de leurs revendications, dont la principale est l’instauration d’un Code du logement provincial, deux délégués du RCLALQ ont monté les marches de la mairie de l’arrondissement pour remettre à Gilles Deguire un document détaillant les doléances des locataires pour ce qui concerne la Ville de Montréal, mais en son absence c’est son attaché politique qui en a pris possession.

Selon le recensement de 2006, au Québec, 112 755 logements locatifs nécessitaient des réparations majeures et 328 365 autres nécessitaient des réparations mineures.

Parallèlement à cette manifestation, d’autres locataires s’étaient rassemblés à Valleyfield, Laval, Trois-Rivières et Québec.

(Écrit en collaboration avec Ameli Pineda)

 

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