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Cultiver l’Art d’être grand-père

Joanny-Furtin Michel - TC Media
Raymond Bachand a fait le choix récemment de quitter la vie politique. Pour des raisons principalement personnelles, mais fort d’un bilan plus qu’honorable. À titre exceptionnel pour le journal de sa circonscription, il gratifie l’équipe de l’Express d’Outremont de cette entrevue en exclusivité.

«Je ne serais pas là lors de la reprise des travaux parlementaires le mardi 17 septembre. Ce qui veut dire que, dans les faits, j’aurai quitté mes fonctions et mon bureau aux alentours du 13, en tout cas avant le 15 septembre », détaille le député – pour quelques jours encore – d’Outremont.

«Je reste disponible toutefois dans l’attente du rapport de l’équipe d’experts dirigée par Alban D’Amours dont les travaux se finalisent ces jours-ci à huis clos. Je tenais à finir ce dossier de façon correcte puisqu’il y est question de finances publiques et de choix de société.»

Gérer les affaires courantes

« Le comté sera vacant, mais le bureau reste ouvert. Techniquement, les affaires courantes seront gérés par la petite équipe qui reste en place, sous la supervision du whip du parti du député sortant, entre autre le parti Libéral, et donc Laurent Lessard. Il en va de même à chaque départ», explique Raymond Bachand.

«Tout le monde au bureau de comté perd sa job, et le whip réembauche les employés qui sur place assurent le lien avec les citoyens et les groupes communautaires. Dolores C. Appleyard et Marie-France Lafontaine, veilleront aux affaires courantes, les services aux citoyens, les demandes de subvention, les budgets s’y afférant etc., comme auparavant, sous la supervision toutefois de Laurent Lessard qui validera les décisions.»

Et Dolores ajoute avec un clin d’œil : «Tout, sauf les achats d’espaces publicitaires… » (Aïe ! – ndr). Dolores qui travaille au bureau de comté depuis 2006 !

Élection partielle ou pas ?

«C’est le choix de la Première Ministre et elle dispose de six mois pour prendre une décision à ce sujet», répond Raymond Bachand. «Selon moi, ça m’étonnerait qu’on envisage une élection partielle pendant les élections municipales.»

«La date de mon départ n’est pas anodine puisque cette période de six mois nous amène entre le 13 et le 15 mars dans la période où l’on présente le prochain budget de l’État à l’Assemblée nationale…»

«Je m’étais projeté sur cinq ans et il me restait la mise en place de deux budgets dont un pour le retour à l’équilibre budgétaire, suivi d’un premier budget de surplus. Je suis assez fier de ce que nous avons réalisé, d’avoir su protéger les Québécois contre la récession et la crise financière.»

«Ce plan était même envisageable selon un horizon minoritaire. Toutefois les Québécois en ont décidé autrement en septembre dernier. Mais j’avais invité le parti à valider une part du budget Marceau qui reprenait à 80% les grandes lignes de budget que j’avais préparé…»

Un galon à mesurer

«La course au leadership a été passionnante. Longue puisqu’elle a quand même duré six mois, mais passionnante. Une telle démarche ça vous change un homme. Quelque chose dans votre pensée personnelle bouge dans votre tête», admet Raymond Bachand.

«Après l’élection de Philippe Couillard, je ne me voyais pas partir dès le lendemain. Il était important pour moi d’assurer la stabilité, l’unité du parti. Et vous remarquerez que pas un journaliste n’a remis en question l’unité du parti après cette campagne au leadership.»

«J’ai participé aux travaux de la commission parlementaire sur le rapport D’Amours puis je me suis donné tout un été de réflexion. J’ai 65 ans et j’ai réalisé que la vie passe vite. Avec Micheline, mon épouse depuis 38 ans, ce fut une décision commune.»

Et Raymond raconte comment, lors d’un souper, un ami lui a demandé d’aller chercher un galon à mesurer, de le dérouler sur la table afin de lui montrer en pouces et centimètres la ligne du temps qui passe et ce qu’il reste à vivre… «Cela a été un moment fort parce que j’ai visualisé ce qu’il me reste à faire. Or, je suis grand papa depuis six mois d’une adorable Raphaëlle…»

Un bilan politique

Cet ancien indépendantiste a été l’un des membres fondateurs du mouvement Souveraineté-Association à l’Université de Montréal et il a connu les grandes époques de René Lévesque et de Pierre-Marc Johnson.

«Le Québec a extraordinairement évolué ces 25 dernières années en termes de développement économique, de représentation internationale, de droits des femmes et des minorités, de culture et d’autonomie, et ce, avec la même constitution. Peut-être que le problème comme la solution ne sont pas une question d’indépendance…»

«J’ai eu la responsabilité de plus de quatre ministères souvent en simultané comme les finances, le revenu, l’innovation et l’exportation, et même le tourisme. J’ai été très touché par le message de Raymond Cloutier lors de l’inauguration du Petit Outremont la semaine dernière, à savoir que, malgré la crise financière, j’avais toujours augmenté le budget de la culture.»

«Je suis très heureux et fier de ce que l’on a pu mettre en place pour la circonscription d’Outremont en termes de développement économique et comment nous avons réussi à piloter le dossier de la gare de triage avec l’Université de Montréal, parce que ce sont les projets d’une génération.»

«En politique, le temps manque toujours pour expliquer, convaincre, échanger surtout sur les dossiers de société à long terme comme le dégel patrimonial, les retraites, la dette du Québec, le financement des universités, etc.; c’est parfois difficile, mais c’est bon puisque c’est ça, la démocratie! », insiste cet admirateur de Robert Kennedy, un homme ouvert et tolérant qui a su inspirer son idéal politique.

«Et maintenant, que vais-je faire… »

Raymond Bachand dispose d’un CV pour le moins varié puisqu’il aura, au cours de sa longue carrière, fréquenté plusieurs cultures professionnelles qu’elles soient commerciales chez Métro, syndicales au Fonds de solidarité FTQ, stratégiques chez Secor, solidaires chez Oxfam-Québec, et culturelles avec Carbone 14 et l’Usine C.

«Je me suis toujours défini comme un homme de développement. J’ai toujours eu la conviction qu’il fallait servir. Les électeurs m’ont fait confiance à quatre reprises depuis octobre 2005 et je tiens à les remercier profondément», termine Raymond Bachand. Pour l’heure et à celle où vous lirez ces lignes, Raymond sera en train de guider Micheline… dans les rues de Barcelone !

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