Les étoiles du désert de Pointe-aux-Trembles
Cette 22e édition du rallye est une course hors-piste où 300 participantes provenant de 22 pays devront utiliser leur sens de l’orientation pour parcourir la plus petite distance entre les étapes de la course. Pour se faire, elles ne disposent que d’un Jeep, d’une boussole et une carte géographique rudimentaire. « Nous ne pouvons pas utiliser de GPS, ni de cellulaire, ni même de longues-vues ou de caméra avec un zoom », précise Sonia.
Le rallye
Au programme : levé à 4 h, départ à 6 h, jusqu’à la noirceur. Les équipages devront déterminer leur parcours eux-mêmes. « L’important est de partir aussitôt que le départ est donné, quitte à s’arrêter en cours de route pour déterminer une trajectoire », assure Sonia.
Le but de quatre des épreuves est de relier les bornes d’étapes puis de revenir au point de départ. Les deux étapes de marathon supplémentaire durent deux jours, l’objectif étant de relier deux villes, en traversant le désert. Au cours de ces étapes, les femmes devront dormir dans le désert. « Nous avons prévu nous apporter une bouteille de vin. Il parait que ce sont les moments les plus magiques. À partir de la noirceur, nous devons nous arrêter et nous pourrons observer le calme et l’horizon à perte de vue du désert », jubile Sonia.
Au bout, du rallye, les équipes gagnantes remporteront d’autres participations au rallye. Il faut dire qu’une participation vaut environ 35 000 $.
En plus d’être une activité divertissante, le rallye permet d’amasser des fonds pour l’association Cœur de Gazelles. Cette œuvre permet d’offrir un service de caravanes médicales, qui dispensent des soins aux populations locales habitant notamment dans les régions reculées du sud du pays. L’association met aussi en place des projets de scolarisation, de sensibilisation au développement durable. Pour cette raison, chaque année, les Marocains accueillent avec enthousiasme les participantes en leur faisant une haie d’honneur à l’arrivée.
Les sœurs
Les deux sœurs aventurières n’ont pas froid aux yeux. Ce sont des femmes de carrière originaire de Pointe-aux-Trembles. Elles ont été en contact avec les véhicules à moteur dès leur jeune âge. « J’ai commencé à conduire des véhicules tout-terrain et des skidoos à l’âge de 5 ans », raconte Sonia.
Les sœurs sont également engagées dans leur communauté. Depuis plusieurs années, elles ont notamment participé aux 60 km de la marche le Week-end pour vaincre les cancers féminins. « Ce sont toujours les mêmes personnes que nous sollicitons Si ce n’était pas du financement, probablement que nous participerions au rallye chaque année », confie Sonia.
Avant l’épreuve
La distribution des rôles ce n’est pas qu’une question de personnalité. « Je fais 50 000 km de route par année à cause de mon travail. Je suis peut-être plus téméraire à cause de cela, explique Carole. Au début nous croyions que ça serait Sonia qui conduirait, mais finalement, c’est elle qui est la meilleure pour lire les cartes alors, elle sera probablement la copilote. »
Bien qu’il soit déconseiller de changer de poste en cours de route, les sœurs Baril prévoient qu’une alternance dans les rôles ne ferait pas de tord. « Ça peut prendre quelques heures à s’habituer à conduire dans le sable et à lire les cartes. Mais je crois qu’après des jours consécutifs de conduite, ça fera du bien de changer le mal de place », avoue Carole.
En attendant le défi, les sœurs participent à des fins de semaine de formation pour se familiariser avec les cartes et les véhicules.