Mixité sociale
Parmi les grands changements qui affectent notre arrondissement, il y a celui de sa composition démographique et socio-économique : arrivée massive d’immigrants, par vagues successives, d’Italiens, Haïtiens, Maghrébins, Latino-américains qui forment aujourd’hui une part importante des citoyens de l’arrondissement. Cette population se distingue non seulement par des différences culturelles marquées mais aussi par des
niveaux d’éducation et de revenus fort différents.
Dès lors, le partage de l’espace publique et la cohabitation revêtent une importance fondamentale. C’est pourquoi, la mixité sociale est réclamée par de nombreux acteurs de la société, au Québec, à Montréal-Nord, comme ailleurs dans le monde. Mais qu’est-ce que la mixité sociale ? Pour la chercheure, France Dansereau, de l’INRS, « La mixité sociale se présente comme l’envers de la ségrégation sociale et plus particulièrement de
la concentration des ménages pauvres dans l’espace urbain, avec les maux qui y sont associés (culture de la pauvreté, reproduction des inégalités sociales et d’accès aux ressources urbaines) ».
Bref, la mixité sociale s’oppose à deux formes d’organisation sociale que l’on retrouve aux extrêmes dans nos sociétés : d’un côté, le ghetto, comme le Bronx ou Harlem, à New York, souvent cités en exemple ou, de l’autre, les gated community , pour reprendre l’expression de nos voisins du Sud, qui désigne, des quartiers résidentiels dont l’accès est contrôlé, et dans lesquels l’espace public est privatisé. En général, ils sont entourés de clôtures et ont des entrées gardées pour empêcher l’accès aux non-résidents.
Avec les grands projets immobiliers qui se dessinent à Montréal-Nord (boulevard Pie IX, Albert-Hudon, etc.), la question de la cohabitation entre les populations actuelles et futures se pose. Évidemment, les choix collectifs qui nous attendent auront un impact majeur pour les générations à venir : en effet, la question de la mixité sociale ou non ne suppose pas uniquement des choix immobiliers mais aussi une forme d’organisation et de livraison des services de proximité publics (écoles, santé, culture, loisirs, etc.) et privés (épiceries, pharmacies, banques, etc.).
Lorsque je regarde les enfants jouer dans la cour de leur école j’essaie de les imaginer dans quelques années, à l’âge adulte, dans les rues de Montréal-Nord…
Patrice Rodriguez
coordination@parole-dexclues.ca