Centre Bienvenue: les voisins s'inquiètent
Un groupe d’une vingtaine de citoyens s’est rassemblé, lundi soir, lors de la séance du conseil d’arrondissement pour exprimer ses inquiétudes face à l’éventuelle reconstruction du Centre Bienvenue à Pierrefonds.
Cet organisme à but non lucratif offre depuis 34 ans des services en réadaptation sociale à des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Pour l’instant, l’établissement d’un seul étage, situé à l’angle du boulevard Gouin et de la rue Perron, propose un service de jour à près de 180 patients. En avril dernier, le conseil d’agglomération de Montréal a approuvé un règlement permettant la reconstruction de l’établissement pour y aménager 21 logements sur trois étages. La direction du Centre Bienvenue souhaite ainsi augmenter sa capacité d’accueil et son offre de service en proposant des résidences permanentes subventionnées à sa clientèle.
Le projet ne fait toutefois pas l’unanimité dans le voisinage. Plusieurs citoyens s’inquiètent de la hauteur du futur bâtiment, qui sur trois étages, risque d’être plus élevé que les autres structures du quartier. «Le nouveau centre sera plus haut que tous les autres édifices autour qui n’ont que deux étages, ou trois… si on compte le sous-sol», fait remarquer Joseph Vacirca, dont la cour arrière donne sur le Centre Bienvenue.
Du côté de l’arrondissement, la mairesse Monique Worth a assuré que tout serait en ordre. «Si le projet a été approuvé, c’est qu’il respecte les normes d’urbanisme», a-t-elle expliqué aux citoyens. Selon des informations reçues par le service de communication de l’arrondissement, la nouvelle structure aura bel et bien trois étages hors-sol et sera d’une hauteur de 9,29m.
Le directeur du Centre Bienvenue, Benoît Vallée, considère que le projet n’aura pas d’impact négatif sur le secteur résidentiel. «Si on regarde la hauteur de la bâtisse juste en face de notre terrain, on est dans les mêmes dimensions. D’un point de vue esthétique, s’il y a une chose à dire, c’est que ce projet ajoutera une plus-value au quartier», assure-t-il.
Une question de sécurité
Au-delà de la structure du batîment, les citoyens ont aussi évoqué d’éventuels problèmes de sécurité dans le voisinage. «Est-ce que les résidents du centre vont être supervisés en tout temps? Vont-ils pouvoir sortir de leur logement sans accompagnement?», a demandé Joseph Vacirca devant le conseil. «Les patients pourraient être bruyants, ils pourraient aussi lancer des objets de leurs balcons, on ne sait jamais», dit-il.
Le commandant du poste de quartier 3, Michel Wilson, présent à la séance du conseil, a fait savoir que les autres établissements du même type dans l’Ouest-de-l’Île ne causaient aucun problème de sécurité dans le voisinage.
Même son de cloche du côté de M. Vallée. «Cela fait dix ans que nous sommes établis à cet endroit et nos participants n’ont jamais eu de problème avec la communauté. Je trouve qu’à tort et à travers on stigmatise la clientèle. Il y a toute une démystification à faire au sujet de la maladie mentale», a-t-il expliqué au journal <@Ri>Cités Nouvelles<@$p>. «Évidemment, il va y avoir plus de supervision avec la construction de la résidence Bienvenue. On ne se lance pas dans le développement d’un tel service sans s’assurer d’avoir les employés nécessaires. Notre objectif, c’est de faire en sorte que ces gens-là puissent obtenir des logements à prix modique», a-t-il ajouté.
Selon M. Vallée, il y a actuellement une pénurie d’établissements d’accueil pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale dans l’Ouest-de-l’Île. Avec ses 21 logements à bas prix (les locataires assumeront 25% du coût réel), le Centre Bienvenue répondra à une grande demande dans le secteur.
Après la séance du conseil, le citoyen Joseph Vacirca s’est dit satisfait des réponses reçues, mais il demeure tout de même sceptique. «Reste à savoir si ce qu’on m’a dit est vrai! Ce sont les réponses qu’il fallait donner pour calmer le jeu. Si je vois que c’était faux, notamment à l’égard de la sécurité, je vais faire les démarches nécessaires auprès de la police», assure-t-il.
Les citoyens ont envoyé une pétition d’une soixantaine de noms à la mairesse d’arrondissement pour faire annuler le projet il y a environ deux semaines. Selon M. Vacirca, ils n’ont toujours pas eu de retour.
Quelques étapes administratives permettront bientôt au Centre d’entamer les travaux. Aucun échéancier n’est fixé pour l’instant.