L’affaire Chen Guangcheng pourrait devenir une épine au pied de la diplomatie américaine

Photo: Jordan Pouille

La saga de Chen Guangcheng se poursuit et l’administration Obama doit maintenant répondre à de vives critiques sur sa gestion du dossier depuis que le dissident  a demandé la protection des États-Unis. On reproche au département d’état d’avoir précipité les négociations avec le gouvernement chinois sur le sort de Monsieur Chen en prévision de la visite de la secrétaire d’état Hillary Clinton et le secrétaire du trésor Timothy Geithner au pays pour le dialogue stratégique et économique.

En voulant résoudre la situation le plus rapidement possible, le corps diplomatique américain n’a pas cherché à obtenir les garanties nécessaires des officiels chinois sur le genre de traitement qui serait réservé à Monsieur Chen. Les Etats-Unis n’ont pas non plus réussi à garantir l’accès de Monsieur Chen à l’hôpital où il devait être traité pour une blessure au pied, le laissant ainsi isolé et craintif de représailles de son gouvernement malgré la promesse de ce dernier de le laisser tranquille et lui permettre de reprendre ses études en droits.

Aux Etats-Unis plusieurs experts sur la Chine se sont dits étonnés que l’équipe du département d’État se fût contentée d’un accord verbal avec le ministère des affaires étrangères. Car différemment des USA,  la chancellerie a très peu de poids à l’intérieur de la bureaucratie chinoise et un tel accord ne saurait garantir le comportement des forces de sécurité.

Inévitablement, le dossier Chen est devenu un enjeu électoral et Mitt Romney a accusé les diplomates américains de s’être dépêchés pour essayer d’obtenir un accord avec le gouvernement chinois avant la rencontre prévue entre les Etats-Unis et la Chine et de ne pas s’être assuré par la suite que cet accord serait respecté. De son côté, l’administration Obama a défendu sa gestion du dossier rappelant que Monsieur Chen, au cours de son séjour à l’ambassade américaine, n’avait jamais demandé l’asile politique aux Etats-Unis et avait toujours réitéré sa volonté de rester en Chine, rejoindre sa famille et poursuivre ses études en droit pour réformer son pays de l’intérieur.

Bien qu’il ait déjà laissé entendre qu’il s’est senti contraint par les diplomates américains à quitter l’ambassade où il avait cherché refuge, Monsieur Chen hier soir semblait tempérer ses commentaires en se disant navré des répercussions qu’auraient entrainé ces déclarations. Un de ses proches aurait révélé sur son compte Twitter que Monsieur Chen ne s’était à aucun moment plaint que l’ambassade américaine l’avait forcé à quitter les lieux, réaffirmant ainsi qu’il l’avait fait de son propre gré et qu’il était très reconnaissant du soutien américain dans toutes ses démarches.

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