L'amour avec un p'tit «a»
Le timing! Ma chronique tombe pile à la Saint-Valentin! J’ai appelé l’éditeur pour lui demander de faire la page de ma chronique en chocolat. Mais malheureusement, si les écrits restent, le chocolat, lui, fond.
Parlons amour. Parlons amour-propre. On n’en parle pas assez souvent, de lui. Ça doit être parce qu’il est plate. Y est tout seul. Y a pas de grandes confrontations. Pas de grands élans de séduction. Pas de course dans l’aéroport pour arrêter l’avion avant que la fille quitte le pays. Sérieux, cette scène-là, j’suis plus capable! J’ai un fantasme. Qu’une comédie romantique se termine un jour avec le gars qui a les fesses écartées dans un bureau des douanes. «Oui, mais je l’aime!!» «On ne court pas dans un aéroport en poussant des gardiens de sécurité!!! On inspire…»
C’est peut-être aussi, surtout, parce que l’amourpropre, ça tape sur les nerfs. S’aimer soi-même avant d’aimer les autres, ça paraît bien quand tu le dis, mais ça fait chier le monde quand tu le fais. «Pour qui tu te prends?? Comment ça, MOI, MON jugement, MON opinion sur toi ne t’affecte pas? LAISSE-MOI AVOIR LE POUVOIR SUR TOI!!!! Comment ça, tu ne fonds pas de honte alors que je ris de tes erreurs passées? De tes actions présentes? Tu ne te prends pas pour d’la marde!» On dirait que non. Sinon, ça ne serait pas de l’amour-propre, ça serait de l’amour caca.
La différence entre la prétention et l’amour-propre? La prétention, c’est prétendre être tellement hot que c’est impossible que quelqu’un pense autrement. Et si ça arrive, c’est que cette personne est idiote. L’amour-propre, c’est simplement accepter nos erreurs, accepter que des gens puissent avoir une opinion négative sur nous ou nos actions, puis bien dormir quand même. Et ça, ça énerve! Certaines personnes aiment penser que, seul dans notre lit, leur opinion, leur existence nous pèse. Ça, vous voyez, c’est de la prétention.
???
Parlant d’amour-propre, combien de films ai-je vus que l’histoire est un peuple qui se soulève contre le pouvoir en place? Parfois fiction, parfois faits historiques. Les films donnent trop souvent l’illusion que la révolution est soit de la fiction soit du passé. Merci au peuple égyptien de nous rappeler que le désir d’évolution reste dans les tripes plus longtemps qu’un pop-corn du cinéma Guzzo.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.