Le feuilleton Bastarache
La saga Bastarache se poursuit. L’épisode de la datation de l’encre sur la note de Marc Bellemare a fait déborder le vase. Les citoyens qui paient la note se demandent où nous mène cette opération. Certains demandent même que cesse la mascarade et une pétition circule sur le net à cet effet.
Enclenché dans la controverse, ce feuilleton continue de faire parler sans pourtant donner un sens à quoi que ce soit. On préfère le psychodrame à la substance. Quand Marc Bellemare qualifie l’opération de «cirque pitoyable», on est porté à le croire. Bien qu’il y contribue lui-même, il a traduit par son intervention ce que bien des citoyens pensaient seuls dans leur salon.
L’un des témoins, l’ex-juge en chef Huguette St-Louis, a bien résumé l’affaire. Par un effet pervers, plutôt que de rassurer les citoyens, les travaux de la commission Bastarache sèment le doute. Sans faire les manchettes, l’ex-juge a cependant été le témoin le plus utile en lien avec le mandat de la commission. Elle a convenu qu’il y a des zones grises; bref, que le processus de nomination pourrait être amélioré.
Voilà qui est intéressant. Tant qu’à dépenser des millions pour une commission portant sur le processus de nomination des juges, pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour chercher à l’améliorer? De toute façon, ce n’est pas la commission réclamée par la population, qui voulait qu’on se penche sur le milieu de la construction et le financement des partis politiques. Tant qu’a y être, on pourrait au moins en profiter pour en avoir un peu plus pour son argent.
Pendant ce temps, plusieurs autres dossiers n’occupent pas la place qui leur revient. Les grands enjeux, comme le sort réservé aux personnes âgées au Québec, cèdent le pas à ce feuilleton, qui a tous les ingrédients pour séduire : des rebon-dissements quotidiens, de l’argent et le duel entre les bons et les méchants.
Le juge Bastarache a le choix. Il peut laisser l’opération devenir une farce ou assurer la cohérence nécessaire. D’ailleurs, Pauline Marois n’a pas manqué de rappeler le déséquilibre de la commission et de prendre la défense de Marc Bellemare. Cela donne déjà une idée de l’ambiance qui devrait régner à l’Assemblée nationale à la reprise des travaux, la semaine prochaine.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.