Passerelle à la pièce

Des solutions au cas par cas pour un problème global,  voilà ce qui résume la réponse du gouvernement Charest à la situation des écoles passerelles.

 Le projet de loi 103, déposé par la ministre St-Pierre, redéfinit les règles du jeu pour l’accession à l’école anglaise, mais ne règle en rien les enjeux fondamentaux : le français comme langue commune et la réelle maîtrise de l’anglais des élèves finissants dans le système francophone.

En octobre 2009, la Cour suprême rendait invalide la Loi 104 par un jugement unanime. Cette loi, adoptée à l’unanimité en 2002 sous Bernard Landry, venait colmater une brèche de la Loi 101. Cette mesure devait mettre fin à la pratique voulant que de parents envoient leurs enfants dans des écoles anglophones non subventionnées par l’État pour ensuite les faire passer dans le réseau public anglophone.

À la suite du jugement, le Conseil supérieur de la langue française a émis un avis exhortant le gouvernement à appliquer la loi 101 aux écoles privées anglophones et à ne pas proposer une approche administrative à la pièce. Malheureusement, le gouvernement Charest a fait exactement le contraire.

Le recours à la clause dérogatoire aurait permis de résoudre le problème pour un temps. Par ailleurs, les conséquences politiques pour Jean Charest auraient pu être dévastatrices. En 1988, Robert Bourassa avait perdu trois de ses ministres en appliquant cette solution. La mince majorité du gouvernement Charest rendait donc la chose périlleuse.

Tous ces efforts déployés pour répondre au jugement ne s’attardent pas à l’essentiel : les motivations qui poussent les parents à vouloir inscrire leurs enfants dans des écoles anglaises. On aurait dû accompagner la loi d’une initiative permettant aux enfants du Québec de terminer le secondaire avec maîtrise du français et de l’anglais.  Une richesse qui pourrait à terme représenter un avantage indéniable pour le Québec et ses enfants. Ils n’apportent pas non plus de réponses au pouvoir d’attraction du français comme langue commune.

Berceau de la francophonie dans une marée anglophone, le Québec et ses dirigeants doivent être audacieux. Le défi est grand :  il faut créer un pouvoir d’attraction autour du français et donner tous les outils nécessaires aux jeunes afin que cette langue puisse rayonner dans un monde de plus en plus petit.

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