La spirale éthique

L’éthique, toujours l’éthique! Depuis des mois, le mot est sur toutes les lèvres. À un tel point que ça frise l’absurde.

La surenchère de l’éthique apparaît comme la solution miracle à tous les maux qui accablent le Québec. Nous voilà aspirer dans la spirale de ce terme qui lave plus blanc pour protéger nos institutions. Bien que louable à première vue, cette approche comporte des risques.

La logique voudrait que le renforcement des règles d’éthique augmente la confiance du public. Cependant, les pays dont les législatures ont adopté des mesures du genre ont vu la confiance de leur population s’effriter. Plus on met des règles, plus il y a d’allégations, plus les médias en parlent, plus les citoyens sont exposés, plus la confiance s’érode. Ainsi va la théorie du professeur Denis St-Martin de l’Université de Montréal. Ça se tient!

Le symbole est pourtant tellement puissant. L’adoption d’un code constitue un geste positif devant rassurer le public et restaurer la confiance. L’image est tellement forte que le premier ministre du Québec est même prêt à négocier la prime de 75 000 $ que lui verse le Parti libéral du Québec pour l’adoption du projet de loi 48. C’est malheureusement trop peu, trop tard.

Il aurait été plus simple de répondre aux demandes de la population. En agissant ainsi, Jean Charest aurait pu éviter les chasses aux sorcières, qui ne servent que les intérêts partisans et aucunement les institutions.

Les citoyens ne veulent pas savoir qui est le plus vertueux. Ils veulent savoir où va leur argent et comment il est géré. Ils veulent être rassurés sur le fait que leurs taxes et leurs impôts sont utilisés à bon escient et efficacement. Ils sont sûrement prêts à donner le droit à l’erreur si leurs élus agissent avec transparence et, surtout, parviennent à ne pas répéter la même erreur trop souvent.

L’adoption d’un code d’éthique ne permettra pas d’apaiser la colère et ne lèvera pas l’obligation du gouvernement de tenir une commission d’enquête publique qui permettrait de comprendre où vont les fonds publics et si le financement des partis politiques est lié d’une façon ou d’une autre à l’attribution de contrats. La spirale éthique ne devrait pas étourdir la population au point qu’elle ne se rappelle plus pourquoi elle réclame une commission d’enquête publique.

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