Calimero

C’est vraiment trop injuste! Dure et injuste, voilà comment le premier ministre a défini la politique à la suite de la semaine passée à débattre de la nomination des juges. En plus d’utiliser la nomination du juge Bastarache pour éviter de répondre aux questions, Jean Charest fait dans le mélo.

Moi qui croyais avoir tout entendu… Jean Charest sait pourtant mieux que quiconque que le climat politique dépend largement de ses comportements et de ceux des membres de son gouvernement. Sa manière d’agir influe sur les agissements de tous les membres de la chambre. Le sarcasme et la dérision engendrent le sarcasme et la dérision. Il avait le choix.

Dès les premières allégations de Marc Bellemare, Jean Charest aurait pu agir avec transparence. Il aurait pu rapidement circonscrire la crise. Répondre tout simplement aux questions en présentant le processus aurait fait le travail. Au lieu de cela, il a préféré tourner en ridicule les questions et jeter le doute sur toute la classe politique. Trop injuste pour les citoyens qui suivent encore la politique.

La suite des événements a donné lieu à une escalade de confusion. Une liste de candidats en circulation, un processus de nomination modifié, les ministres du gouvernement Charest n’avaient clairement pas accordé leurs violons. D’un côté, Jean Charest a nié. En entrevue, Katherine Weil a affirmé consulter le premier ministre et, pour en ajouter, Nathalie Normandeau a laissé entendre qu’on discute de la liste de candidats potentiels au Conseil des ministres. Le juge Bastarache a du pain sur la planche pour démêler tout ça.

Ce qui est injuste, c’est que le premier ministre a laissé monter la grogne populaire. Les deux mains sur le volant, il a laissé la situation se détériorer. La confiance s’est érodée petit à petit. Jusqu’à ce qu’une goutte fasse déborder la vase. Les révélations de Marc Bellemare n’ont été qu’un point de bascule.

Ce qui est injuste, c’est que l’on a perdu notre azimut. Le débat tourne maintenant autour de nominations partisanes ou politiques. On a perdu de vue plusieurs enjeux, dont la nécessité d’une commission d’enquête sur la construction, celle de retrouver le plan Nord ou celle de trouver comment le gouvernement parviendra à remplir sa part du budget. Comme le disait Calimero, c’est vraiment trop injuste!

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