Sauver la face

Finalement, le psychodrame a été évité. Il n’y aura pas d’élections fédérales cet été. Tous les observateurs de la scène politique peuvent respirer et partir en vacances en paix. Bien évidemment, il en va de même pour les citoyens : pas de devoirs cet été. Le premier ministre et le chef de l’opposition officielle ont tout fait pour sauver la face. Michael Ignatieff n’a pas tout accepté les yeux fermés, et Stephen Harper n’a pas tout cédé. À première vue, l’équilibre semble être respecté.

Aurait-il pu en être autrement? Personne n’avait intérêt à déclencher des élections. Il est probablement vrai, comme l’a dit Stephen Harper, que les conservateurs étaient plus prêts, mais cela ne veut pas dire fin prêts. Aucun n’avait tous les atouts dans son jeu pour faire le saut. Les conservateurs pouvaient compter sur l’argent, les libéraux sur les sondages.

Dans les faits, il était trop risqué pour Michael Ignatieff de porter l’odieux d’une élection en juillet. Le prix pouvait être lourd. Il ne voulait toutefois pas faire un Stéphane Dion de lui-même et approuver sans condition le bilan économique du plan de relance.

Au lendemain de cet épisode politique, seul Denis Coderre aura perdu la face. Si Michael Ignatieff avait trouvé le ton juste pour installer le dialogue avec le gouvernement, son lieutenant politique du Québec, lui s’est mis les pieds dans les plats. Ce dernier s’est époumoné en Chambre en clamant que les sans-emploi crèveraient sans une contribution immédiate de l’État. Cette incohérence a donné des munitions au NPD et au Bloc pour dire que les libéraux s’étaient une fois de plus écrasés. Ce qui rappelle trop l’époque Dion.

Il y a ceux qui aiment la politique de confrontation. D’autres, comme moi, préfèrent celle de collaboration. Sans être naïfs : on sait bien que chacun défend ses intérêts. Au-delà de la stratégie politicienne, on peut se réjouir de ce moment de grâce qui nous permet de croire que ce sont les intérêts des citoyens qui priment.

Alors que débute l’été, on peut également se permettre de rêver que les deux partis s’entendront pour offrir des solutions aux gens qui sont à la recherche d’un emploi.

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