Mondialisation, solidarité et révolution

Les contrecoups de la mondialisation font des ravages. Nos social-démocraties peinent à maintenir leur niveau de vie à l’image des années glorieuses de l’État providence. Pour maintenir le paquebot occidental à flot, la facture semble être refilée à la classe moyenne et les pauvres.

La mondialisation déloyale dégrade nos acquis sociaux et notre modèle social. Les ateliers du monde restent attractifs. Les salaires journaliers en Chine, en Thaïlande, aux Philippines, au Bangladesh, au Vietnam et au Cambodge tournent autour de 3$ canadiens par jour. Là-bas, le prix de la main-d’œuvre pèse peu dans la confection d’un produit. On parle de 5% des coûts pour un jeans fabriqué au Vietnam.

Et ce n’est pas tout. Les industriels des pays occidentaux se font imposer des normes qui engendrent des coûts de fabrication alors que les produits issus des ateliers du monde ne sont pas conformes. C’est ce qui incite nos industriels à fabriquer ailleurs.

Un rapport sur la mondialisation déloyale publié par le ministère des Affaires étrangères et européennes et celui de l’Économie, des Finances et de l’Industrie français démontre l’ampleur du fléau!

Comme je l’ai claironné souvent dans cette tribune, aucune démocratie ne peut lutter seule face à cette réalité. Pourtant, certains parlent de la nécessité de faire la révolution en changeant de paradigmes. Autrement dit, arrêter net la culture du capitalisme basée sur l’individualisme, la surconsommation, l’appât du gain, etc. Soit! Mais allez dire à ces révolutionnaires que pour déconstruire tout un système, il faut du temps. Que nenni! La révolution, là, tout de suite, même si cela entraîne du grabuge, voire une guerre civile, c’est le prix à payer pour refaire le monde en accéléré!

Changer de paradigmes! Comme quoi il suffit d’y penser! C’est le syndrome de la pensée magique. Changer de paradigmes veut dire, on nationalise, autrement, on troque des requins de la finance pour des sangsues d’apparatchiks qui eux sauront mieux faire. Comme dit l’autre, là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie!

Admettons qu’on change de paradigmes et de culture, va-t-on extraire des cerveaux malades du capitalisme, les logiciels endommagés, les écraser et réinstaller de nouveaux «logiciels rouges»? Exit l’appât du gain, la luxure, la religion et j’en passe. Alors, qu’allons-nous faire des catégories nuisibles, ceux qui résistent au changement avec des cerveaux qui rejettent la nouvelle culture? Allons-nous les mettre dans des laogaïs, ces camps de rééducation par le travail en République populaire de Chine de Mao, ou leurs équivalents soviétiques, les goulags de Staline?

L’histoire récente du monde nous a prouvé une chose, c’est qu’il n’y en a pas de régime parfait. Même si on a un idéal quand présume parfait, rejeter l’autre est le vrai fléau qui range nos sociétés. La solidarité est essentielle aux sociétés humaines.  La montée de l’individualisme est la plus grande menace qui pèse sur cette solidarité. Notre défi dans la Terre-Patrie consiste à entretenir un sentiment de solidarité parmi des populations de plus en plus hétérogènes et de combattre aussi la polarisation idéologique, de gauche comme de droite. Le terrain de la bataille pour la dignité n’est pas local, il est mondial!

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