Vigile à Montréal en soutien aux Parisiens
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le Consulat général de France, samedi après-midi, pour rendre hommage aux victimes des attentats qui ont fait plus de 120 morts à Paris, vendredi.
Une gerbe de fleurs et des lampions ont été déposés devant l’entrée du bâtiment qui abrite le consulat, rue McGill College.
«Merci d’être ici, autour de ce deuil qui nous frappe toutes et tous, a lancé d’emblée la consule de France à Montréal, Catherine Feuillet. Paris est en deuil, la France est en deuil, le Canada est en deuil. Nous sommes ici pour honorer la mémoire de ceux qui ont été assassinés hier.»
Mme Feuillet a qualifié la situation d’inexplicable, mais a demandé aux Français de rester déterminés. «Nous ne nous laisserons pas abattre, parce que nous sommes ensemble», a-t-elle dit.
Parmi la foule, il y avait de nombreux membres de la diaspora française de Montréal, dont plusieurs ont de la famille à Paris. C’est le cas d’Alexandra, étudiante à l’Académie d’ostéopathie de Montréal, qui était au téléphone avec sa soeur vendredi soir, alors que celle-ci se trouvait à l’étage au-dessus du restaurant Le petit Cambodge, où 15 personnes ont été tuées. «J’ai entendu les balles en même temps qu’elle, j’avais l’impression d’y être, raconte Alexandra. Elle était très angoissée et même si je suis à 6 000 kilomètres, elle a réussi à me stresser. Elle avait peur qu’on cogne à sa porte pour la séquestrer.» Celle-ci s’en est toutefois sortie indemne.
Alexandra tenait évidemment à être du rassemblement à Montréal. «C’est très important d’être là, c’est pas seulement la France, c’est un problème mondial qu’il va falloir régler d’une façon ou d’une autre», juge l’étudiante.
Son amie Claire, étudiante à l’Université Concordia et de nationalité française, tenait aussi à dénoncer les attaques terroristes. «C’est récurrent et les autorités parlent beaucoup, mais n’agissent pas, dit-elle. Il faut montrer que nous sommes unis et c’est pourquoi il faut être là. Peu importe d’où on vient, si nous sommes humains cela va nous toucher.»
De nombreux Québécois venus soutenir des amis ainsi que des élus étaient aussi sur place. La mairesse de l’arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension, Anie Samson, a d’ailleurs pris la parole au nom des élus montréalais. «Montréal est avec vous dans un moment aussi triste, a-t-elle déclaré. Nous devons condamner ces actes de violence, qui ne sont admissibles ni en France, ni au Canada, ni nulle part à travers le monde. J’aimerais vous dire aujourd’hui: “Nous sommes tous Parisiens!”»
Après les discours de Mme Feuillet et de Mme Samson, la chanteuse Geneviève Racette est venue entonner «Quand les hommes vivront d’amour», de Raymond Lévesque, et «Imagine», de John Lennon. Puis la foule a chanté la Marseillaise.
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