Débat des chefs: le milieu communautaire se fera entendre
Les organismes communautaires promettent à leur tour de s’impliquer de front dans la campagne électorale. Lors des traditionnels débats des chefs, qui se tiendront les 13 et 20 septembre, tout le réseau québécois de l’action communautaire autonome entend interpeller directement les leaders de parti en ondes.
Une coalition provinciale prépare actuellement une liste exhaustive de questions qui pourraient être posées en direct à François Legault, Philippe Couillard, Jean-François Lisée et Manon Massé, respectivement leaders de la Coalition avenir Québec, du Parti libéral du Québec, du Parti québécois et de Québec solidaire.
L’idée du mouvement Engagez-vous pour le communautaire! est de formuler des questions simples et poignantes. Par exemple, comment les partis comptent «diminuer les inégalités socio-économiques afin de rendre accessibles à tous les citoyens et citoyennes des services adéquats ainsi que pour mettre fin à l’exode vers des services privés»? Ou comment feront-ils pour assurer le financement des organismes communautaires?
Lors du premier débat des chefs, qui se tiendra sur les ondes de Radio-Canada le 13 septembre, l’organisation conviera toute sa base militante à se présenter devant les bureaux de la société d’État pour une action de type flash mob. Le même principe sera utilisé pour le débat devant se dérouler le 20 septembre sur les ondes de TVA, mais «partout au Québec» cette fois, promet l’organisation.
Ce jour-là, le Réseau québécois de l’action communautaire tiendra des manifestations dans la province selon un protocole très précis, prévu partout à la même heure: 11h59. Pourquoi? «Parce qu’il est minuit moins une pour le communautaire», dit l’organisation.
Situation «désastreuse»
En entrevue avec Métro, Danielle Marchand, la directrice de PETALES Québec, un organisme communautaire œuvrant auprès des enfants souffrant de troubles d’attachement, dit vouloir que les discours des chefs pendant les débats «portent aussi sur la situation désastreuse de plusieurs organismes communautaires».
Elle craint que leur mission ne puisse perdurer dans sa forme actuelle. «Il faudrait un financement à la hauteur de nos missions respectives, en garantissant notre autonomie. On ne souhaite pas une ingérence, mais un soutien tangible», tranche-t-elle.
«À plusieurs occasions» dans les médias, selon elle, «nos gouvernants ont nommé l’importance des organismes communautaires et leur apport remarquable dans la société québécoise». Mais sur le terrain, la réalité est différente, argue-t-elle. «Nous ne voyons aucune politique sérieuse de soutien financier à la hauteur des missions de tous ces organismes pointer dans le discours électoral», se désole-t-elle.
L’omniprésence du privé, en santé, est alarmante, à ses dires.
«Il y a des cliniques privées qui ont créé ce que les CLSC auraient dû développer avec les années. Trop d’employés du réseau public quittent vers le privé par manque de ressources.» – Danielle Marchand
La DG s’inquiète des orientations de certains partis politiques, dont la CAQ, en matière de privatisation de la santé. «Il faut que les discours changent, ça ne peut plus continuer», martèle-t-elle.
À la mi-août, Mme Marchand déplorait à Métro que que le financement gouvernemental de PETALES Québec ait diminué en cette année électorale. Selon elle, certains ministères ont choisi de réduire le budget qui lui était réservé par le passé.
«À notre grand étonnement, Lucie Charlebois nous donne une somme de 5 000$, alors que l’année dernière, on parlait de 15 000$, avait-elle lancé. On ne touche aucun montant de Gaétan Barrette, alors qu’il y a un an, c’était 10 000$.» Le ministre de la Famille, Luc Fortin, avait pour sa part octroyé une somme de 500$ à l’organisme.