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Agressions sexuelles: retrait d’une campagne de prévention du SPVM

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Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a retiré cette semaine une campagne de prévention sur les agressions sexuelles, après que les dépliants de cette campagne aient été critiqués sur les réseaux sociaux.

La campagne «Je sors avec ma gang, je repars avec ma gang» avait été mise en place en 2012, mais des policiers du poste de quartier 38, qui couvre le Plateau-Mont-Royal, ont récemment redistribué ces dépliants. 

«La surconsommation d’alcool peut rendre une personne plus vulnérable aux agressions sexuelles», peut-on lire sur les dépliants distribués par le SPVM.  

Sur le document, il y a également une liste précautions que les femmes peuvent prendre pour «éviter d’être victime d’une agression sexuelle.»

Le sergent de la division des communications du SPVM, Emmanuel Anglade, a tenu à préciser que le dépliant «était un des outils de la campagne, à l’époque, mais qu’il y avait eu d’autres interventions, comme des rencontres avec des propriétaires de bar, pour parler de prévention».

M. Anglade a également confirmé que le SPVM a reçu «plusieurs commentaires» des citoyens à ce sujet cette semaine et que c’est pour cela que la page de la campagne n’est plus disponible sur le site web du SPVM et que les dépliants ont été retirés.

«Les outils de prévention sont évolutifs, le dépliant qui a été utilisé a été retiré. Tout le programme va être revu et les prochains outils ne vont pas simplement cibler un groupe d’individus», a indiqué M. Anglade.

Réactions sur les réseaux sociaux
Plusieurs organismes ont réagi sur les réseaux sociaux en raison  des conseils de prévention jugés dégradants donnés par le SPVM.

«Un an après #MeToo, ce discours rejetant la responsabilité sur les femmes, et dédouanant les agresseurs n’est pas acceptable», a écrit la Fédération des femmes du Québec sur sa page Facebook lundi.

La plateforme de diffusion de témoignages concernant les violences sexuelles, Je suis indestructible, a invité ses abonnés à interpeller le SPVM directement sur Twitter.

De son côté, la coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes, Sandrine Ricci, explique que plusieurs recherches ont démontré que «de placer tout le fardeau de la prévention de la violence sexuelle sur les femmes déresponsabilise les hommes».

«Les bonnes pratiques privilégient de former et d’informer aussi les garçons et les hommes pour les sensibiliser sur l’importance de respecter le consentement de leur partenaire, bref, de ne pas violer. Ces approches misent aussi sur une vision « positive » du consentement. Le SPVM devraient peut-être s’informer sur ces bonnes pratiques de prévention et écouter les féministes avant de produire des campagnes de sensibilisation», a souligné Mme. Ricci.

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