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22:34 3 février 2019 | mise à jour le: 3 février 2019 à 23:19 temps de lecture: 4 minutes

«Je me reproche de ne pas m’être investi à temps plein», dit Alexandre Taillefer à TLMEP

«Je me reproche de ne pas m’être investi à temps plein», dit Alexandre Taillefer à TLMEP
Photo: Karine Dufour/ICI Radio-Canada TéléAlexandre Taillefer

Le fondateur de Téo Taxi, Alexandre Taillefer, ne s’en cache pas : son entreprise aurait pu être rentable, surtout que son modèle et sa technologie étaient «uniques». «Je me reproche de ne pas m’être investi à temps plein comme PDG, j’aurais dû le faire», a laissé entendre l’homme d’affaires sur les ondes de Tout le monde en parle (TLMEP) dimanche soir.

«On garde toujours espoir dans un projet comme ça, a-t-il expliqué. Mais dans le dernier mois, on était rendus dans une situation d’acharnement. Je l’ai dis: j’ai une lourde de part de responsabilité, et je l’assume entièrement.»

L’ancien président de la campagne électorale du Parti libéral du Québec (PLQ) a dit avoir espoir «qu’il y ait un repreneur pour Téo». «Dans le cadre d’une faillite, quelqu’un peut toujours se positionner pour racheter l’entreprise. On devrait tous être fiers de cette business-là.»

Assurant que tous les chauffeurs de l’entreprise obtiendraient des compensations financières, Alexandre Taillefer a concédé que les coûts de recharge électrique «ont été beaucoup plus importants que prévu». «Les accidents, les entretiens sur la voiture, c’était aussi plus important que prévu, a-t-il reconnu. On avait un déficit, et c’était indéniable.»

L’ex-dragon a tenu à remettre les pendules à l’heure sur certaines rumeurs qu’il a entendues à travers les branches depuis quelques jours. «On entend 60 M$ de subventions, on a même entendu que je m’étais sauvé avec 10 M$. Mais la seule subvention véritable qu’on a eu, c’est 5 M$», a-t-il souligné.

D’après lui, le gouvernement du Québec aura doublé sa mise dans l’aventure et généré une somme d’environ 10 M$ «qu’il n’aurait pas eu si le projet n’avait pas été lancé». Il a ajouté que la syndicalisation de l’entreprise n’a «pas du tout» empêché sa continuation.

Quoi qu’il en soit, Alexandre Taillefer a appelé le Québec à entamer une réflexion collective sur l’industrie du taxi, plutôt qu’à ne voir qu’un échec au cas de Téo. «On a eu des conversations avec des joueurs internationaux de très grande envergure, qui ont vu un modèle extrêmement porteur, une technologie avant-gardiste. (…) Il faut arrêter de penser qu’au Québec, on est nés pour un petit pain. Il faut être fier de ça», a-t-il poursuivi.

L’investisseur, qui dit avoir mis 1,5 M$ de sa poche dans le projet et quelque 6 M$ dans deux fonds qui le supervisaient, dit malgré tout tirer d’importantes leçons de cette aventure.

«Je continue de croire que les racines du Parti libéral sont progressistes. C’est un parti qui a fait des grandes choses pour le Québec, a-t-il considéré. Mais je n’aurais pas dû y aller tout de suite, pour des questions d’affaires. J’aurais pu mettre ce temps-là sur Téo.»

Questionné sur son avenir en politique, M. Taillefer s’est fait plutôt prudent. «M. De Gaulle disait toujours que l’avenir est très long. Il faut avoir confiance. Je suis encore capable de lever la tête», a-t-il répondu.

L’entrepreneur est aussi revenu sur ce qu’il appelle «un monde de plus en plus polarisé», entre les médias d’idéologie très opposée. «C’est très inquiétant, a-t-il tranché. Ça ne peut plus continuer comme ça. Il faut arrêter, et voir comment on peut recoller le dialogue. Parce qu’on va tous y perdre», a-t-il avancé, soulignant que sa carrière a d’ailleurs fait l’objet de «chroniques diffamatoires» par le passé.

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