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Loi sur la laïcité: des enseignants manifestent à Westmount

Enseignants et membres de la communauté se sont réunis mercredi matin à Westmount pour protester contre le projet de loi 21. Photo: Josie Desmarais/Métro

Une quarantaine d’enseignants ont créé une chaîne humaine devant l’école Westmount High pour manifester leur désaccord et leur inquiétude face à la loi sur la laïcité du gouvernement de François Legault.

Environ 150 enseignants et membres de la communauté se sont réunis, mercredi matin sur le coup de 8h00, devant l’école secondaire située à Westmount. Ils protestaient contre le controversé projet de loi 21 qui vise à interdire le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité dans le but de garantir la laïcité de l’État québécois.

«Je suis née au Québec et j’ai choisi de ne pas porter le voile, mais je suis musulmane, a expliqué mercredi matin Farhana, professeure d’anglais à l’école Westmount High. Et quand j’enseigne, je n’impose jamais mes croyances. J’expose mes élèves à toutes les cultures. J’enseigne, je ne convertis pas.»

Comme une clause grand-père protège les droits acquis des employés actuels, leur permettant de garder leur symbole religieux, Farahana juge que cette loi limitera surtout «les buts et les aspirations» des jeunes Québécois.

«J’ai une élève qui porte le voile et je trouve dommage de devoir lui dire qu’elle ne pourra pas être professeure ou juge», a témoigné l’enseignante.

Même son de cloche pour John Locke, citoyen du quartier venu exprimer son appui.

«Je ne suis pas religieux du tout, mais je considère que la liberté de religion est quelque chose d’important. On doit dire à notre gouvernement qu’il ne peut pas bafouer les droits des gens et jouer dans la Charte des droits et libertés», a-t-il souligné.

Julia Greco, aussi enseignante à Westmount High, trouvait important de supporter ses collègues, même si la loi ne l’affectera pas personnellement.

«Ça me fâche beaucoup de voir que des gens qui sont qualifiés pour enseigner ne pourront pas le faire», a-t-elle mentionné.

Abondant dans le même sens, Katie Kiskaddon, une citoyenne de Westmount présente lors de la manifestation, s’est désolée que cette loi n’ait «rien à voir avec les habiletés des gens».

«Mon fils va dans une école pas très loin d’ici et il a eu des professeures fantastiques qui portaient le hijab. Je voulais donc supporter tous les professeurs qui enseignent à nos enfants et qui travaillent fort», a-t-elle souligné.

À ses côtés, Ronit Yarosky a tenu à porter sa kippa pour la manifestation, alors qu’elle ne la porte normalement que lorsqu’elle est à la synagogue.

«Ce qui est sur notre tête n’a rien à voir avec ce qui est dans notre tête», a-t-elle illustré. Elle soutient que cette loi «s’attaque un problème qui n’existe pas».

«Pour moi, ça démontre que les gens qui sont affectés par ce genre de décisions ne sont pas autour de la table de décision et n’ont pas eu l’occasion de prendre part aux discussions. Dans une société comme la nôtre, où il y a une telle beauté de la diversité, c’est vraiment une perte», a-t-elle déploré.

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