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Rapport de l’OCPM: la Ville de Montréal «exige des résultats» à la Société du parc Jean-Drapeau

Rapport de l’OCPM: la Ville de Montréal «exige des résultats» à la Société du parc Jean-Drapeau

Le responsable des grands parcs à la Ville de Montréal entend «exiger des résultats» de la part de l’organisme paramunicipal responsable du parc Jean-Drapeau à la suite d’un rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) qui recommande le retrait de cases de stationnement sur ce site pour y aménager plus d’espaces verts.

«On reçoit extrêmement favorablement le rapport de l’OCPM sur le parc Jean-Drapeau. Nous avons assisté aux consultations et on avait déjà vu l’esprit des demandes qui se dégageaient des citoyens», a déclaré mercredi lors d’un point de presse à l’hôtel de ville le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez. 

Publié mercredi à la suite d’un vaste processus de consultation citoyenne, ce rapport demande à la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) de s’inspirer du plan directeur publié en 1993 sous l’ancienne administration du maire Jean Doré, qui misait alors sur «la recherche d’un équilibre harmonieux entre les composantes nature et événementielle de la vocation du Parc». Ce rapport s’inscrit d’ailleurs dans la publication à venir du nouveau plan directeur de ce parc, qui devrait être déposé l’an prochain.

Afin d’atteindre cet objectif de verdissement, le rapport propose de «diminuer l’espace réservé au stationnement des voitures» sur le site, ce qui faciliterait notamment l’aménagement d’une promenade riveraine dédiée aux piétons et aux cyclistes le long du fleuve Saint-Laurent.

«[Les Montréalais] veulent que l’aspect insulaire soit ramené et ils veulent que le verdissement, que la plantation d’arbres et que la préservation de la nature fassent partie de la réponse de la Société du parc Jean-Drapeau  et de la Ville de Montréal», a ajouté l’élu, qui entend «exiger des solutions» dans les prochaines semaines de la part de l’organisme paramunicipal. 

«On souhaite se mettre en action pour tenter de concrétiser le plus rapidement certaines des recommandations de l’OCPM», a confirmé à Métro en après-midi le président du conseil d’administration de la SPJD, Renaud Coulombe. 

Ce dernier a toutefois noté que de telles propositions ne pourront se concrétiser que si le financement est au rendez-vous.

«On espère que lorsqu’on déposera notre plan d’aménagement, la Ville va l’accueillir de façon positive et qu’elle va déployer les fonds pour le mettre en oeuvre», a-t-il dit. 

Un constat que partage le responsable des campagnes Espaces verts et milieux naturels au Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, Emmanuel Rondia.

«On ne veut pas répéter l’histoire […] On a des recommandations fortes, mais là il faut que des choix soient pris pour que ça paraisse sur le terrain», a-t-il affirmé.

Négociations
Luc Ferrandez n’a toutefois pu confirmer mercredi si des espaces de stationnement seront retirés du site.

«Je pense qu’il faut arriver avec des solutions innovantes avant de pouvoir dire qu’on va pouvoir retirer du stationnement», a indiqué l’élu. 

Le maire du Plateau-Mont-Royal a toutefois noté qu’il entend «négocier avec La Ronde» pour voir si des espaces de stationnement pourraient être retirées sur le site qu’occupe le parc d’attractions, situé sur l’île Sainte-Hélène.

Des discussions qui s’annoncent difficiles, a reconnu M. Ferrandez, car La Ronde appartient depuis le début des années 2000 au géant américain Six Flags, qui avait alors acheté ce parc d’attractions à la Ville pour plusieurs dizaines de millions de dollars.

«Il va falloir leur garantir, soit une autre forme de stationnement ailleurs, soit des accès différents [au site]», a souligné l’élu. 

Événements
À l’instar du rapport de l’OCPM, Luc Ferrandez estime  qu’il faudrait limiter l’espace occupé par les grands événements et festivals qui ont lieu chaque année au parc Jean-Drapeau.

«Il faut travailler avec eux pour resserrer le périmètre et s’assurer que la zone qu’ils occupent actuellement soit préservée», a ajouté M. Ferrandez au sujet d’événements comme Osheaga et Piknic Électronik, qui occupent de plus en plus d’espace sur le site et «détruisent» ainsi les boisés environnants.

En 2017, l’ancienne administration municipale avait d’ailleurs autorisé la coupe de plus de 1000 arbres afin de construire un nouvel amphithéâtre sur ce site dans le cadre d’un partenariat de la Ville avec evenko.

Le vice-président des affaires publiques pour Piknic Électronik, Nicolas Cournoyer, a pour sa part rappelé l’importance de la tenue d’événements au parc Jean-Drapeau dans la vitalité de celui-ci. Le rapport de l’OCPM mentionne d’ailleurs que 68% de l’achalandage sur ce site est générée par «les activités de programmation majoritairement estivales».

«Le parc ne se départira pas de ses événements. Ce ne sont pas que des touristes qui viennent», a ajouté M. Cournoyer, qui a noté que ce sont «principalement des citoyens» qui participent à l’événement qu’il représente.

Gouvernance
Dans son rapport, l’OCPM propose d’ailleurs de revoir le mode de gouvernance du parc emblématique en remplaçant la SPJD par un organisme à but non lucratif.

«Ça prend un travail de transparence par rapport à la population pour s’assurer que, ni d’une part ni de l’autre, on ne déroge aux orientations d’un plan directeur sous la pression des lobbys», a dit M. Ferrandez mercredi, sans indiquer clairement si une révision du mode de gouvernance de ce site était envisagée par la Ville. 

«Peu importe la façon dont sera gérée le site, l’important, c’est d’assurer la pérennité du parc», a quant à lui réagi M. Coulombe.