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Augmentation de la garantie des travaux routiers: une commission municipale appelée à trancher

Augmentation de la garantie des travaux routiers: une commission municipale appelée à trancher
Photo: Archives MétroDe quatre à cinq tonnes de béton sont nécessaires pour colmater les nids-de-poule.

Une commission municipale sera appelée à se pencher sur la possibilité que la garantie des travaux de construction routière à Montréal soit prolongée après que l’opposition officielle à l’hôtel de ville ait déposé une motion visant à améliorer la qualité des routes de la métropole.

La Commission sur le transport et les travaux publics, présidée par la conseillère Marie Plourde, se penchera dans les prochains mois sur une motion d’Ensemble Montréal déposée mardi pendant la séance du conseil municipal.

Le document demande que la Ville de Montréal prolonge «la période de garantie» des travaux routiers de un à cinq ans lorsqu’il s’agit de reconstruction et de un à deux ans en ce qui a trait aux travaux de réhabilitation de la chaussée.

«Une augmentation de la durée de la garantie responsabiliserait davantage le constructeur quant à la qualité des travaux, au respect des normes et du choix de matériau», indique la motion, qui a été proposée par le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez.

Ce dernier a d’ailleurs accueilli «très favorablement» mardi la décision de l’administration Plante d’obtenir l’avis d’une commission municipale sur la question.

Une idée à étudier
Le responsable des infrastructures du réseau routier à la Ville de Montréal, Sylvain Ouellet, a reconnu que cette idée mérite d’être étudiée.

«Tout le monde veut des travaux de bonne qualité […] Toute le monde veut une garantie plus longue pour qu’on en ait pour notre argent», a-t-il convenu.

Il a toutefois noté que la décision de prolonger la garantie des travaux de construction routière pourrait faire gonfler la facture reliée à ceux-ci.

«Si on augmente la garantie, c’est comme pour la garantie prolongée sur une voiture, il y a des coûts reliés à ça», a illustré l’élu de Projet Montréal.

M. Ouellet a par ailleurs noté qu’une telle mesure pourrait venir limiter le nombre de soumissionnaires puisque ce sont surtout «les gros entrepreneurs qui pourraient faire ce genre de garanties».

«On va faire venir les services. [On va] regarder les pours et les contre. Et on verra par la suite des choses si la commission va décider d’aller de l’avant avec cette motion», a conclu Sylvain Ouellet.

Nids-de-poule
La motion d’Ensemble Montréal fait écho à un rapport du Bureau de l’inspecteur général publié l’an dernier qui a levé le voile sur de nombreux défauts dans les travaux de réparation de la chaussée, notamment concernant la qualité du matériel utilisé. Une situation qui contribuerait à la formation de nids-de-poule sur les routes de Montréal.

«La mauvaise construction où l’absence de corrections ont pour conséquence directe l’apparition de défauts qui, suite à des infiltrations d’eau et au cycle de gel et dégel, peuvent entraîner l’apparition de nids-de-poule», note la motion d’Ensemble Montréal.

La motion rappelle d’ailleurs que «plusieurs pays européens», notamment le Danemark, la France et l’Allemagne, «imposent des garanties de 2 à 5 ans pour la majorité des chantiers d’infrastructures routières».

De 2019 à 2021, la Ville de Montréal a prévu investir près de 2 G$ dans ses infrastructures routières. Les dépenses réalisées pour combler le déficit d’entretien du réseau routier montréalais sont d’ailleurs en hausse constante depuis 2013.