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La vaccination obligatoire «pas dans les cartons», dit Boileau

Le directeur national de la Santé publique par intérim, Dr Luc Boileau. Photo: Josie Desmarais/Métro

En conférence de presse sans le gouvernement, jeudi, le directeur national de santé publique par intérim, le Dr Boileau, a écarté l’idée de la vaccination obligatoire.

Il ne considère pas la mesure d’actualité. Elle «n’est pas dans les cartons», dit-il. «Nous savons que ça existe, mais on sait que c’est pas le moment de proposer ça. Actuellement, c’est pas dans les cartons. Je pense qu’on a une capacité démontrée au niveau québécois que les gens peuvent aller vers la vaccination. On a une population parmi les plus vaccinées au monde pour une vaccination de deux doses. Là, il faut ajouter la dose de rappel, on a confiance qu’en exprimant ce message, ça va se rendre aux bonnes oreilles. […] D’autre part, il y a d’autres démarches qui sont mises de l’avant comme celles du gouvernement pilotées par le ministre Carmant.»

Alors que la tenue de conférences de presse distinctes était réclamée par de nombreux acteurs politiques québécois, notamment de l’opposition, la Santé publique a tenu cet après-midi sa première conférence de presse séparée du gouvernement depuis le début de la pandémie.

C’est sur le thème de la prudence que le Dr Boileau a inauguré sa première conférence «indépendante». Malgré un déconfinement partiel qui se profile à l’horizon, et alors que le Dr Boileau entrevoit un certain plateau sur le plan des hospitalisations, il ne s’avance pas sur d’éventuelles autres mesures.

Le Dr Boileau dit prendre en compte les préoccupations des Québécois et conçoit que les effets du confinement deviennent certainement pénibles. Mais, «il faut éviter tout recul, pour ne pas annoncer des choses et reculer ensuite. On prend des mesures fondées sur la science, pour proposer les mesures visant un retour à la normale», explique-t-il.

Les recommandations de la Santé publique seront émises «semaine après semaine». Le Dr Boileau dit ne pas «être le bon Dieu» et ne peut assurer que le déconfinement partiel se transformera en déconfinement total. «Je ne suis pas le bon Dieu et je ne connais pas l’avenir. Si on veut mettre les chances de notre côté pour un déconfinement total, c’est en s’assurant de mettre les mesures qu’il faut pour éviter une surchauffe des hospitalisations et qu’on bénéficie de la vaccination. […] C’est difficile de donner un calendrier, car cela dépend de la capacité dans les hôpitaux.»

Déception devant les taux de troisième dose

L’une des voies qui permettront d’atteindre l’objectif du déconfinement passe essentiellement par la vaccination, notamment la troisième dose, soutient le Dr Boileau.

«On n’est pas à 80% des personnes de 60 ans et plus qui sont allées chercher leur 3e dose, et on n’est pas à 50% des personnes de 40 ans et plus. Pour les 18-49 ans, on n’a pas atteint le quart.»

Des signes encourageants

De manière modeste, les dernières données de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) montrent des données encourageantes. «Au cours de la dernière semaine, on observe une décroissance des hospitalisations. Quand on regarde les hospitalisations sur la semaine, on voit aussi une baisse, c’est une première depuis deux mois», explique la présidente-directrice générale par intérim de l’INESS, Michèle de Guise.

«On projette une diminution des lits occupés par des patients COVID, mais de manière modeste, pour atteindre environ 2500. On reste toutefois au-dessus du niveau 4 de délestage établi par Québec. Dans les soins intensifs, on prévoit une même diminution pour atteindre environ 250, soit autour du niveau 2 défini par le MSSS», ajoute-t-elle. Cependant, le modèle de l’INESSS n’inclut pas le scénario de la rentrée; «ce sont des projections à court terme», indique-t-elle.

Questionnée sur la pertinence du dernier couvre-feu, la conseillère médicale stratégique senior de la Direction générale de santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Marie-France Raynault, explique que l’instauration du premier couvre-feu au Québec avait été décidée parce que les rassemblements privés et les party étaient responsables de bon nombre de contaminations. Pour le dernier couvre-feu, Mme Raynault confirme que la Santé publique s’est aidée d’une étude réalisée en France. «Une étude de Santé Publique France comparait certaines régions avec couvre-feu et cela montrait que la mesure avait un effet.» Même si elle conçoit qu’il est difficile d’importer une étude provenant d’un autre contexte, cela donnait quand même un indice sur l’efficacité.

Avant de remettre un couvre-feu, «il faudrait que cela aille mal, et pas à peu près», veut rassurer le Dr Boileau.

Alors qu’un déconfinement partiel s’amorcera dès lundi, le Québec enregistre de nouveau, aujourd’hui, une baisse des hospitalisations liées à la COVID-19, avec une diminution de 117 personnes. Au total, 3153 personnes sont toujours alitées dans les hôpitaux à travers la province. Du côté des soins intensifs, le Québec enregistre également une baisse de 17 personnes, pour un total de 235 personnes présentement admises aux soins intensifs.

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