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Les Canadiens racisés font face à davantage de difficultés de logement

Des logements à Montréal Photo: Matéo Gaurrand-Paradot, Métro

Les Canadiens racisés – qui ne sont ni blancs ni autochtones – sont considérablement plus susceptibles de vivre dans un logement inadapté ou non abordable, en plus d’être, pour certaines catégories, moins souvent propriétaires de leurs logements.

Statistique Canada vient d’ajouter de nouvelles données au recensement qui permettent de mieux évaluer les défis des personnes racisées face au logement.

En compilant les données de l’agence fédérale, Métro constate que les Canadiens racisés avaient 47% plus de risques de connaître des besoins impérieux en logement en 2021 par rapport à la moyenne canadienne. Les personnes ayant des besoins impérieux en logement sont définies comme des personnes vivant dans un logement soit inadapté en taille, soit qui nécessite des rénovations majeures, soit dont les frais de logement sont supérieurs à 30% du revenu net avant impôts.

En dehors des groupes racisés, notons que les Autochtones sont encore plus nombreux à faire face à des besoins impérieux en logement. Ils ont 71,4% plus de chances d’être dans cette situation que la moyenne nationale.

Les données indiquent également que les Grands Montréalais racisés sont 25% de plus à avoir des besoins impérieux en logement par rapport à la moyenne montréalaise, ayant ainsi moins d’écart avec la moyenne que les Canadiens racisés ainsi que ceux résidant en Ontario ou à Vancouver. Halifax est l’agglomération canadienne où les personnes racisées sont les plus susceptibles d’avoir des besoins impérieux en logement (76,9%).

Entre 2016 et 2021, le nombre de personnes avec des besoins impérieux en logement a diminué de 27,4% au Canada. Cette diminution est de 36,6% pour les personnes racisées, ce qui ne suffit pas à combler l’écart entre les personnes non racisées et les personnes racisées au Canada. Les groupes racisés ayant davantage de faibles revenus, Statistique Canada avance que les mesures de remplacement de revenu durant la pandémie les auraient davantage aidés.

Inégalités au sein des communautés racisées

Statistique Canada souligne que les immigrants arrivés au pays il y a moins de dix ans vivent également davantage de besoins impérieux en logement que les immigrants arrivés il y a plus de dix ans. L’agence fédérale révèle que ce sont les Asiatiques occidentaux – d’origine iranienne, afghane, arménienne et turque, par exemple -, les Coréens et les Arabes qui sont les plus touchés par le phénomène.

Sur la question de la propriété, les Canadiens racisés sont 66,4% à vivre dans un ménage propriétaire, alors que pour le total de la population canadienne, ce chiffre est de 71,9%. Mais les écarts au sein des groupes racisés sont très importants. Les Chinois sont 84,5% à avoir accédé à la propriété, alors que ce n’est le cas que de 45,2% des Noirs, de 48% des Arabes et de 48,6% des Latino-Américains.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain évoquait, dans un rapport de 2020, des inégalités systémiques dans l’accès au logement, tout en indiquant qu’il existait un manque de données à cet effet. Avec les nouvelles données par origine ethnique de Statistique Canada, de nouveaux indicateurs existent aujourd’hui pour mesurer les inégalités face au logement entre personnes racisées et blanches.

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