Mise au point sur les jeunes, ou comment faire pour passer de héros à zéro
Avant de passer de héros à zéro, il eut été préférable que j’intitule ma dernière opinion dans Métro «De la révolution tranquille à la déconstruction tranquille». Peut-être ai-je adopté et/ou pris la mauvaise manière pour brasser la cage afin de faire prendre conscience de l’impact des bouleversements socio-économiques auxquels nous assistons. Je m’en excuse.
Bien évidemment, loin de moi l’idée de tenir uniquement les jeunes responsables de tout. D’autres groupes, et aussi les gens de mon âge, ont leur bonne part de responsabilité. Il n’était nullement dans mon intention d’opposer jeunes et vieux, syndiqués et non syndiqués, québécois et immigrés, et caetera, et caetera, afin de diviser davantage la population, ce qui est justement, comme plusieurs l’ont ciblé, la stratégie adoptée par la classe dominante.
Au contraire, dans mes recherches et mes écrits, j’ai toujours plaidé pour une véritable solidarité. À vrai dire, je ciblais principalement les jeunes de droite, les seuls dont on entend le discours de dénigrement continuel des services publics, des syndicats et des vieux pour justifier la crise financière. Je suis tanné de les entendre, tellement tanné, que j’ai voulu montrer l’urgence de protéger des des acquis, comme Hydro-Québec, l’éducation, la santé et bien d’autres, afin d’amener les autres jeunes, plus progressistes, à intervenir, à s’organiser, à prendre position et à trouver, eux aussi, leurs voix, surtout qu’il y a des moyens de le faire (indice: la fiscalité).
Plutôt que de me crier des noms (je commence à y être habitué avec le temps), comme la majorité des répondants ont fait, j’aurais apprécié des argumentions sur des énoncés de mon opinion, comme la nationalisation d’Hydro-Québec et son démantèlement en douce, l’impact des politiques de droite instaurées au fil des dernières années, la privatisation sans référendum, comme cela se fait ailleurs, de plusieurs de vos instruments collectifs et de vos ressources naturelles, l’état lamentable de vos services publics comme la santé et l’éducation et la prolifération du travail atypique, malheureusement de plus en plus la norme.
Je m’inquiète vraiment du type de société qui sera la vôtre et dans laquelle vous devrez vivre. Moi, à mon âge, ça ne me concerne pas directement, même pour le régime des rentes du Québec auquel j’aurai prochainement droit mais pour lequel j’ai contribué toute ma vie (à titre informatif, même si j’ai toujours contribué à la pension de vieillesse du fédéral, je n’y aurai pas droit à cause de mon revenu). Je crois qu’il faut agir vite si l’on veut préserver, et même enrichir, nos acquis sociaux, comme l’ont fait récemment les jeunes indignés dans plusieurs pays d’Europe qui ont manifesté par milliers contre le système capitaliste qui nous est non pas proposé, mais imposé.
Merci de m’avoir répondu en aussi grand nombre, et je vous souhaite sincèrement de vivre dans une société dans laquelle il y aura une véritable égalité des chances, le moins d’inégalités économiques possible et aussi sur une planète respectueuse de notre environnement. J’espère que vous allez continuer à me lire quand même et à critiquer mes textes ainsi que le système capitaliste actuel, qui ne sert pas la majorité d’entre vous. Vous êtes l’avenir, et c’est de votre avenir dont il s’agit (et aussi de celui de ma petite fille de 4 ans… qui un jour pourrait devenir pire que son grand-père!!!). Au plaisir.