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18:12 18 février 2016 | mise à jour le: 18 février 2016 à 21:01 Temps de lecture: 3 minutes

MSF n’informera plus Damas et Moscou de l’emplacement de ses cliniques

MSF n’informera plus Damas et Moscou de l’emplacement de ses cliniques
Photo: Martial Trezzini/The Associated PressJoanne Liu, President of Medecins Sans Frontieres International (Doctors Without Borders), speaks during a press conference in Geneva, Switzerland, Thursday, Feb. 18, 2016. Doctors Without Borders says it took the wrenching decision not to formally inform Syria's government or its Russian allies about the location of some medical facilities like one hit by a deadly airstrike this week. (Martial Trezzini/Keystone via AP)

Médecins sans frontières (MSF) a annoncé, jeudi, qu’il avait pris la difficile décision de ne plus officiellement fournir au gouvernement de la Syrie et à son allié russe l’emplacement de certains hôpitaux et centres médicaux comme celui frappé par un bombardement aérien la semaine dernière, par crainte qu’ils ne soient pris pour cible.

Selon l’organisme, les attaques répétées contre des installations médicales depuis le début de la guerre civile syrienne il y a cinq ans ont poussé le personnel à demander à MSF de ne pas révéler les coordonnées de certains centres médicaux. C’est le cas de la clinique de fortune gérée par l’organisation dans la ville de Maaret al-Numan, qui a été bombardée à quatre reprises, lundi. Au moins 25 personnes ont perdu la vie lors de cet assaut.

La présidente de MSF International, la Canadienne Joanne Liu, a déclaré devant des reporters réunis à Genève, jeudi, que les attaques délibérées contre les infrastructures civiles, incluant les hôpitaux, étaient monnaie courante en Syrie. Elle a martelé que les assauts contre les civils et les installations médicales devaient cesser et que la banalisation de ce type d’attaque ne devait pas être tolérée.

Mme Liu a fait ces commentaires alors que les Nations unies ont distribué de l’aide humanitaire à cinq villes syriennes et dit planifier d’autres opérations semblables afin de rejoindre les quelque 4,6 millions de Syriens vivant dans des endroits reculés ou assiégés, comme le prévoit l’entente conclue par 18 pays à Munich le 12 février. L’accord exigeait aussi la fin des hostilités au plus tard une semaine après son adoption. Mais alors que ce délai tirait à sa fin, jeudi, les combats ne semblaient pas sur le point de s’interrompre en sol syrien.

Joanne Liu a précisé que MSF ne pouvait déterminer avec certitude qui était responsable des frappes menées contre la clinique de Maaret al-Numan, mais qu’il était fort probable que la Russie ou le régime du président syrien Bachar el-Assad soient à blâmer. Elle a ajouté que le débat entourant la décision de révéler ou non l’emplacement des installations médicales avait été très animé au sein de l’organisme.

À Bruxelles, les leaders de l’Union européenne devaient demander, jeudi, à Moscou et à Damas de mettre immédiatement fin à leurs assauts contre les groupes d’opposition modérés et à leurs bombardements aériens.

Par ailleurs, MSF a publié un rapport concernant les victimes de la guerre syrienne basé sur les renseignements soumis par 70 hôpitaux et cliniques avec lesquels il collabore en Syrie. Même si ces derniers ne représentent qu’une fraction des installations médicales syriennes, ils ont rapporté un total de 7009 morts et 154 647 blessés depuis le début du conflit, en 2011.

Les Nations unies estiment que plus de 250 000 personnes ont péri et plus de 11 millions d’autres ont été forcées d’abandonner leur domicile en raison de la guerre en Syrie.

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