Montréal

Des chevaux utilitaires dans un Vieux-Montréal entièrement piétonnier?

Des chevaux utilitaires dans un Vieux-Montréal entièrement piétonnier?
Photo: Getty Images/iStockphotoHoof and leg of a horse on pavement

Des citoyens proposent de piétonniser le Vieux-Montréal et d’y réintroduire le cheval pour déplacer les visiteurs, collecter les déchets, livrer les commerces et même déneiger les rues.

C’est ce qui est ressorti d’un atelier mandaté par la Maison de l’architecture du Québec. «Il ne s’agissait pas de se positionner pour ou contre l’utilisation du cheval en milieu urbain comme avec les calèches. On voulait plutôt voir comment repenser la ville dans une optique où le cheval y serait partie prenante plutôt que d’être un objet folklorique», lance Alexandre Campeau-Vallée, photographe qui a passé trois ans à documenter les derniers souffles de l’hippodrome Blue Bonnet.

Ce dernier précise que ces propositions ne s’inscrivaient pas dans le débat entourant l’encadrement des caléchiers pour lequel de nouvelles mesures ont été annoncées mercredi par l’administration du maire Denis Coderre.

Faire revenir le cheval dans un rôle utilitaire comme aux siècles précédents suppose de concevoir une écurie municipale qui pourrait être construite autour du Silo no5 actuellement inoccupé, ont suggéré les participants à la réflexion. Les stationnements du Vieux-Montréal qui sont inutilisés ainsi que le toit du Palais des congrès pourraient être dédiés à des plantations pour nourrir les chevaux.

«Même si c’est encore très préliminaire et que l’objectif n’était pas de faire des propositions à la Ville. On est reparti avec une vision et plusieurs idées qui n’ont rien de farfelu», ajoute M. Campeau-Vallée.

L’idée de construire une écurie municipale pour héberger des chevaux dédiés notamment à l’entretien des parcs n’est pas nouvelle. En mai 2016, en pleine crise des calèches, le maire Denis Coderre avait évoqué l’idée de créer «un centre d’interprétation du cheval et une écurie convenable». Il a répété l’idée mercredi dans une mêlée de presse suivant l’annonce du durcissement du règlement sur les calèches.

Il s’agit en fait d’une idée présentée en 2012 par Richard Bergeron, alors chef de Projet Montréal, pendant la consultation publique sur l’avenir du Vieux-Montréal. M. Bergeron fait désormais partie de l’Équipe Coderre et semble être l’homme qui murmure à l’oreille du maire dans ce dossier. Il a toutefois été impossible de recueillir ses commentaires.

«La participation des chevaux à certains travaux municipaux n’a simplement pas été étudiée à ce stade-ci», explique l’attachée de presse au comité exécutif de la Ville, Noémie Brière-Marquez. La Ville précise néanmoins que «les analyses se poursuivent pour la définition du site idéal pour l’aménagement d’une écurie permanente».

De son côté, la Société du Vieux-Port de Montréal, qui gère un territoire dans lequel est compris le Silo no5, indique ne pas être allé aussi loin jusqu’ici dans la réflexion. «Dans le cadre de la consultation sur l’avenir du Vieux-Port, il nous reste une séance où l’on présentera le plan directeur préliminaire. Nous n’en sommes donc pas à juger de la pertinence d’un usage ou d’un autre, mais plutôt à l’étape de présenter les grandes orientations du plan directeur», indique son porte-parole Jimmy Laforge.

À ceux qui doutent de la faisabilité d’un tel projet, Alexandre Campeau-Vallée souligne que plusieurs ville européennes font appel à des chevaux pour ramasser les poubelles, emmener les enfants à l’école ou déplacer des cols bleus dans les parcs. «On pourrait y aller par étape et, par exemple, commencer par une ligne tramway tiré par un cheval pour transporter les touristes dans le Vieux-Montréal de façon moins onéreuse qu’une calèche», croit-il, avant de mentionner que le développement des services rendus par des chevaux à grande échelle serait très porteuse pour l’image touristique de la ville.