Prostitution: vers un groupe d’urgence à Hochelaga
Le maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, a demandé dimanche la mise sur pied d’un groupe d’urgence en matière de prostitution de rue.
Ouvert 7 jours sur 7, de 20h à 1h du matin, ce nouveau service de soutien adapté serait composé d’un travailleur social, d’une infirmière, d’un travailleur de rue et d’un policier. Il permettrait entre autres d’offrir un hébergement, des services judiciaires ou de référencement aux femmes en crise dans le sud-ouest de l’arrondissement, là où se concentrent les activités de prostitution.
M. Ménard souhaite également implanter à Hochelaga une vingtaine d’appartements supervisés avec un soutien communautaire pour les personnes prostituées. «On remarque que 90 % des filles qui se prostituent ont un problème d’itinérance ou vivent dans des piqueries», souligne le maire de l’arrondissement. Les unités de logement seraient prises en charge par un organisme sans but lucratif et réservées conjointement par la Ville de Montréal ainsi que la Société d’habitation du Québec (SHQ).
L’objectif des deux mesures proposées est d’enrayer certains irritants liés à la prostitution, selon Laurent Blanchard, conseiller d’Hochelaga. D’après un sondage réalisé en avril auprès de résidants du quartier, les «incivilités» qui accompagnent la prostitution dérangent davantage la population que l’exercice de la prostitution comme tel. «Les gens rapportent constamment des cas de femmes harcelées, des actes sexuels dans les ruelles, des voitures suspectes, énumère M. Blanchard. Les résidants méritent une pause, et les femmes en crise méritent mieux.»
Avec ses nouvelles demandes, l’arrondissement poursuit donc sa stratégie de contenir la prostitution en-dehors des zones résidentielles, commerciales et scolaires plutôt que de miser sur la répression. «La répression ne fait que déplacer le problème. Nous considérons les prostituées comme des victimes davantage que comme des suspectes», explique pour sa part l’inspecteur François Cayer, chef du poste de quartier 23 du Service de police de la Ville de Montréal.
L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve dénombre aujourd’hui près de 45 femmes prostituées actives dans le du sud-ouest, en baisse de 40 % depuis 2010. Le maire Réal Ménard souhaite que l’équipe de soutien d’urgence ainsi que les ressources additionnelles en logement soient disponibles dès le printemps 2013.
Opinion favorable
Un sondage mené auprès de plus de 500 résidants et commerçants d’Hochelaga-Maisonneuve démontre que les citoyens sont, dans l’ensemble, favorables à l’implantation de mesures adaptées pour les prostituées.
- Plus de 62% des sondés se disent favorables à la création d’une zone où la prostitution sur rue serait tolérée.
- Pas moins de 75 % des résidants et 66 % des commerçants sont également ouverts à la mise sur pied de maisons closes, où les actes sexuels seraient tolérés.