Montréal

Montréal en faveur d’une hausse des taxes sur le tabac

Montréal en faveur d’une hausse des taxes sur le tabac

Les élus montréalais ont pris comme orientation de demander à Québec d’hausser les taxes sur les produits du tabac, afin de combattre le tabagisme.

Réunis en conseil municipal mardi, les élus ont voté à l’unanimité en faveur d’une motion du conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, qui va en ce sens. «Une des tâches principales du conseil municipal est de créer un climat où la ville est une ville en santé», a-t-il indiqué, déplorant que les taxes québécoises soient les moins élevées au pays. À l’heure actuelle, une cartouche de 200 cigarettes est taxée à 29,80$ ici, contrairement à 67,43$ au Manitoba.

«La hausse de taxe fait une grande différence sur la vente des produits de tabac. C’est prouvé par l’OMS qu’une hausse de 10% amène une baisse de 4% des fumeurs», a soutenu la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, qui appuyait la motion. Elle croit que celle-ci aidera à déplacer le débat de la campagne électorale provinciale vers la santé préventive plutôt que curative.

L’administration municipale réclamera donc du gouvernement que les taxes québécoises sur les produits du tabac rejoignent la moyenne canadienne.

Plusieurs groupes du domaine de la santé avaient signifié leur appui à la motion de M. Rotrand la semaine dernière. Le directeur des relations gouvernementales pour la Fondation des maladies du cœur, Kevin Bilodeau, avait soutenu en entrevue avec Métro que la taxation est «une mesure des plus efficaces pour diminuer le taux de tabagisme». «L’inaction gouvernementale tue des gens et coûte cher aux contribuables», avait-il ajouté.

Même la directrice régionale de publique de Montréal, Dre Mylène Drouin avait envoyé une lettre à la mairesse Valérie Plante pour l’exhorter de prendre cette orientation.

À un mois exactement de la légalisation du cannabis, qui permettra aux personnes de 18 ans et plus d’en faire l’achat. L’administration montréalaise fera également pression sur Québec pour augmenter l’âge minimal d’achat des produits du tabac.

Selon M. Rotrand, monter l’âge à 21 ans aiderait à ne pas «former une prochaine génération de fumeurs».

En entrevue avec Métro la semaine dernière, le directeur principal des affaires générales et réglementaires chez Imperial Tobacco, Éric Gagnon, avait déploré que la ville prenne cette orientation. «Je ne suis pas contre une hausse de taxes, mais une [hausse rapide] ne fera qu’encourager la contrebande», avait-il avancé.

Celui-ci était aussi contre l’augmentation de l’âge minimal pour acheter des produits du tabac à 21 ans. «Si on veut avoir un débat sur à quel âge les gens deviennent des adultes, ça doit être plus large que seulement la cigarette», avait-il déploré.