Le Montréal Campus pourrait disparaître
Le journal étudiant de l’UQAM, le Montréal Campus, devra peut-être dire au revoir à sa version imprimée.
Aux prises avec de sérieux problèmes financiers depuis plus d’un an, le Montréal Campus, administré par des étudiants en journalisme, a besoin de ressources supplémentaires pour continuer de publier. Selon la rédactrice en chef, Catherine Lévesque, la publicité baisse de façon significative depuis quatre ou cinq années. Mais l’an dernier, la grève étudiante n’ayant pas aidé, c’est devenu un réel problème, menaçant la survie du journal.
La rédactrice en chef de l’époque, Émilie Clavel, avait lancé un cri d’alarme, soutenant que les 3 500 $ que le journal recevait des services à la vie étudiante par année n’étaient pas suffisants. Elle a fait une demande, pour que l’université accorde une aide temporaire au journal. Après de multiples rapports et évaluations, le verdict est tombé : aucune aide supplémentaire ne sera accordée au journal étudiant. «Honnêtement, je ne pense pas qu’on va pouvoir imprimer cette année, soutient Catherine Lévesque. La décision n’a pas encore été prise, mais nous devrons peut-être publier seulement sur le web. Ça serait vraiment dommage, étant donné que l’UQAM se vante abondamment de son programme de journalisme.»
La directrice du service des communications de l’UQAM, Jenny Desrochers, soutient que l’UQAM ne peut pas venir en aide au Montréal Campus, puisqu’il s’agit d’un groupe agréé. «Par souci d’équité, l’UQAM n’a jamais financé les groupes agréés, explique-t-elle. Il y en a 31, alors si on commence à financer un groupe, comment on justifiera à un autre groupe qui vivra des difficultés financières lui aussi qu’on ne peut pas le financer?»
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La solution envisageable serait de demander une cotisation automatique non obligatoire (CANO) aux étudiants, comme le fait la radio de l’UQAM, CHOQ fm, par exemple. Catherine Lévesque assure qu’elle a entrepris les démarches pour le faire, mais le processus administratif est assez long.
Le groupe agréé qu’est présentement le journal doit d’abord devenir un groupe d’envergure – ce qui n’est pas assuré de réussir – pour pouvoir faire une demande de CANO. Les démarches pourraient donc s’étaler sur un an, voire un an et demi. Voilà pourquoi la rédactrice en chef avait demandé d’avoir une aide provisoire, en attendant que les démarches soient complétées. «Le Montréal Campus continue d’exister sur le web; peut-être qu’ils devront se concentrer sur cette tangente en attendant», réplique Jenny Desrochers, faisant remarquer que le problème touche toute l’industrie des médias.
En attendant, Catherine Lévesque prépare une édition spéciale du Montréal Campus, avec le peu d’argent restant. Ce sera un journal supplémentaire, avec des textes d’anciens qui démontrent l’importance du journal étudiant, pour sensibiliser la communauté universitaire à ce propos, explique-t-elle. La finissante en journalisme espère que le prochain recteur de l’université qui sera nommé en janvier, Robert Proulx, entendra davantage son cri du cœur.