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L’effet de groupe pour diminuer les agressions sexuelles

Photo: Yves Provencher/Métro

Le Service de police de Montréal (SPVM) veut sensibiliser les jeunes femmes aux risques d’agressions sexuelles reliées à l’alcool et aux drogues, avec sa campagne Je sors avec ma gang, je repars avec ma gang, lancée lundi.

À l’approche des Fêtes, le SPVM tient à rappeler aux jeunes femmes âgées entre 22 et 28 ans, à leur entourage et aux tenanciers de bars l’importance d’être vigilant en ces temps fort achalandés.

Des agents du poste de quartier 38 diffuseront donc des conseils de prévention à leur égard, puisqu’ils ont reçu plusieurs plaintes pour agression sexuelle au cours des dernières années, dont plusieurs liées à l’intoxication à l’alcool – qui reste la substance la plus utilisée – ou à la drogue.

«Le conseil le plus simple et le plus efficace, c’est de repartir en groupe, comme le slogan le dit, parce qu’évidemment, une agression sexuelle ne survient pas alors qu’on est en groupe», souligne l’inspecteur Stéphane Bélanger, instigateur du projet.

Évidemment, les autres conseils d’usage subsistent : ne pas laisser sa consommation sans surveillance et accepter une consommation seulement si elle provient directement du serveur. M. Bélanger ajoute que lorsqu’une personne tente de s’isoler et de repartir seule, alors qu’elle est arrivée en groupe, son entourage doit insister pour repartir avec elle.

«De cette façon, s’il arrivait qu’une personne ait été intoxiquée, à tout le moins, il y aura quelqu’un pour la prendre en charge», précise l’inspecteur.

Le nombre d’agressions rapportées n’a pas nécessairement augmenté au cours de la dernière année, mais le SPVM tient à lancer cette nouvelle campagne, puisque ce genre de crime peut être traumatisant pour les femmes qui en sont victimes.

L’inspecteur Bélanger précise que les agressions sexuelles liées à l’intoxication sont difficiles à chiffrer, puisque, bien souvent, les victimes ne les dénoncent pas.

«Souvent, les victimes se sentent jugées, elles ont honte. Il est donc difficile d’avoir un chiffre exact.»

La campagne sert donc également à démanteler les tabous qui sont associés à ce genre de crimes.

Le SPVM rencontrera au cours des prochaines semaines plusieurs employés et tenanciers de bars situés sur le boulevard Saint-Laurent pour leur donner des conseils de prévention. Des étudiants en technique policière iront également à la rencontre d’étudiants dans les cégeps et les universités de Montréal.

La porte-parole de la campagne, Andrée Watters, sera aussi présente dans les médias et sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les jeunes femmes et les informer des moyens qu’elles peuvent prendre pour se protéger.

Quelques faits
On pense souvent à tort que la plupart des agressions sexuelles sont commises par un inconnu, qui aurait ajouté un peu de GHB au verre de sa victime. Le SPVM tient à rappeler que, dans les faits :

  • L’alcool est de loin la substance la plus utilisée pour faciliter les agressions sexuelles, suivi des médicaments et des autres drogues.
  • 80 % des agressions sexuelles sont commises par des connaissances.

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