Montréal

Recyclage: une consultation de la CMM attendue de pied ferme

Recyclage: une consultation de la CMM attendue de pied ferme
Photo: Archives MétroLa consultation sur le recyclage de la CMM sera lancée vendredi, avec une première séance d'information publique.

Plusieurs organismes feront part de leurs priorités environnementales à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) dans les prochains jours, alors que celle-ci lance vendredi sa tant attendue consultation sur le recyclage. Objectif : inciter Québec à investir en environnement pour éviter que les municipalités n’aient autre choix que d’enfouir toujours plus de matières recyclables.

«Si un endroit peut influencer le reste de la province, c’est bien la CMM», explique à Métro la porte-parole de l’Association québécoise Zéro déchet (AQZD), Laure Mabileau. Son groupe présentera demain un mémoire pour convaincre l’organisation publique d’utiliser son influence pour inciter les pouvoirs politiques à «poser des actions locales».

«Le pourcentage de déchets créés sur le territoire montréalais est énorme, observe-t-elle également. On compte faire comprendre à la communauté métropolitaine qu’elle doit poser des questions ambitieuses pour mobiliser le gouvernement et aller de l’avant avec une série de mesures concrètes.»

Au-delà des engagements, l’organisme supramunicipal doit aussi voir «que de plus en plus de citoyens sont prêts à adopter de nouveaux gestes pour mieux gérer les matières résiduelles», dit Mme Mabileau. «On le voit par le mouvement zéro déchet qui est croissant ou par les mobilisations dans la rue pour le climat. Ce n’est plus une portion de la population», ajoute-t-elle.

«Le plus gros site d’enfouissement va bientôt arriver à saturation sur le territoire de la CMM. Qu’est-ce qu’il faut mettre en place, comment opérer la transition? Ce sont des questions qu’il faut se poser, en visant la réduction à la source. Il y a un momentum en ce moment et il faut créer un mouvement de masse.» -Laure Mabileau, porte-parole de l’AQZD

Plusieurs enjeux
Encadrement des circulaires, bannissement des articles à usage unique ou modernisation de la consigne: les enjeux qui seront débattus lors de cette consultation sont multiples. Pour la DG d’ENvironnement JEUnesse, Catherine Gauthier, il faut d’abord et avant tout prioriser l’éducation populaire.

«On souhaite que la CMM investisse dans la sensibilisation des publics par différents moyens, lance-t-elle en entrevue à Métro. Injecter 5$ par citoyen pour faire de l’éducation relative à l’environnement, par exemple, ou uniformiser les contenus en lien avec le recyclage pour simplifier le message, ce sont des choses qu’on envisage.»

Impliqué depuis près de 40 ans en éducation relative, ENvironnement JEUnesse encourage la communauté métropolitaine «à prendre un virage vert» qui soit tangible, vers «l’interdiction entre autres de certains plastiques» ou du polystyrène sur le territoire montréalais.

L’organisme encourage aussi l’institution à adopter la définition du zéro déchet et à en faire «l’objectif principal» de son Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR), qui résultera des consultations.

«Cette ouverture à nous entendre est la bienvenue. On voit que ça suscite l’engouement, il y a beaucoup de citoyens et d’organismes qui assisteront aux consultations. Plusieurs éléments risquent de tomber dans la cour du gouvernement, ce qui va permettre de faire sortir des idées très intéressantes pour le Québec.» -Catherine Gauthier, directrice générale d’ENvironnement JEUnesse

Denis Blaquière, le porte-parole de la SAQ Consigne – ce groupe citoyen qui milite pour la mise sur pied d’un système de consigne pour les bouteilles de vin au Québec – entend aussi faire valoir son point de vue aux consultations.

«Comme on s’adresse à des organismes municipaux, on va essayer de donner des exemples probants qui montrent comment la consigne aide les villes et les municipalités à épargner de l’argent», fait-il valoir en entrevue.

Le groupe s’attardera surtout, lors de la présentation de son mémoire, au cas de l’Ontario, qui a créé un système de consigne performant en 2007.

«On estime que ça coûte à peu près 20 M$ au gouvernement là-bas pour gérer les bouteilles chaque année, mais que les municipalités épargnent au total près de 40 M$. Les contribuables sont gagnants, au bout du compte.» -Denis Blaquière, porte-parole de la SAQ Consigne

D’autant plus, dit-il, que l’Ontario a sensiblement la même population et le même système économique que le Québec.