Montréal

Sans-papiers: la politique de la Ville ajoute aux craintes, selon Solidarité sans frontières

Sans-papiers: la politique de la Ville ajoute aux craintes, selon Solidarité sans frontières
Photo: John Moore / Getty ImagesPhoto d'archives

Prévue pour entrer en vigueur à l’automne, la Politique d’accès sans peur aux services municipaux de la Ville de Montréal inquiète l’organisme Solidarité sans frontière, qui estime que celle-ci pourrait ajouter des risques au quotidien des sans-papiers montréalais.

«Les gens ont peur pour leur sécurité, ont peur de ce qui va se passer avec leurs renseignements», a dénoncé à Métro la porte-parole de l’organisme, Romina Hernandez.

Annoncée plus tôt ce mois-ci, la nouvelle politique de la Ville permettra d’offrir aux migrants sans-papiers l’accès aux services municipaux, comme la piscine, les bibliothèques ou les installations sportives et ce, peu importe leur statut d’immigration.

Malgré cela, Mme Hernandez estime que la politique pourrait plutôt les exposer «à encore plus de risques d’identification et de répression».

«Il suffit que tu n’aies pas la bonne couleur de peau, tu es intercepté par la police, et il n’y a rien qui garantit que tes renseignements ne seront pas utilisés contre toi et envoyés aux services frontaliers», a-t-elle déploré.

Parallèlement à la nouvelle politique, la mise en place d’une Cellule d’intervention et de protection pour les personnes immigrantes qui ont été victimes d’abus ou de gestes criminels et qui craignent de dénoncer, a aussi été annoncée.

Celle-ci est accueillie avec beaucoup d’incertitude de la part des migrants, qui ont déjà «beaucoup de méfiance envers le système judiciaire».

«Si tu es une victime d’agression sexuelle, avec le contexte actuel, on ne se fie pas au système. Comment cette cellule va régler le problème? Comment ça va assurer que les gens puissent faire confiance à ce système?», a mentionné Mme Hernandez.

Sur la bonne voie
Même si elle est d’avis qu’il reste beaucoup d’amélioration à faire, Mme Hernandez estime que la reconnaissance formelle de l’existence de ces personnes sans statut dans la communauté est un gain.

«On est dans la bonne voie. C’est une bonne chose de reconnaître que ces gens existent, qu’ils font partie de notre communauté», a estimé Mme Hernandez.

Pour aller plus loin, elle croit qu’il faut continuer à mettre en place des mesures pour protéger ces résidents montréalais, et continuer à explorer les pistes de solutions.

Par-dessus tout, elle martèle qu’il faut d’abord consulter les personnes concernées, ce qui ne semble pas être fait, selon la porte-parole.

«C’est peut-être pour ça que la mairesse ne voit pas leur réalité de l’autre côté. Il faut prendre en compte leur présence pour poser des actions concrètes», a-t-elle exprimé.