Montréal

Harcèlement: la mairesse de Villeray, Giuliana Fumagalli, blâmée par le contrôleur général

Harcèlement: la mairesse de Villeray, Giuliana Fumagalli, blâmée par le contrôleur général
Photo: Gracieuseté / Projet MontréalGiuliana Fumagalli, mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Les allégations de harcèlement formulées à l’égard de la mairesse de l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, Giuliana Fumagalli, sont confirmées par le contrôleur général de la Ville de Montréal, Alain Bond. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, estime qu’elle a perdu sa légitimité comme élue.

Me Bond a présenté vendredi un «rapport final» de son enquête au sujet du climat de travail jugé «néfaste» par plusieurs employés de l’arrondissement.

«Les vérifications effectuées ont permis au contrôleur général d’identifier et de confirmer des problématiques liées au climat de travail», lit-on dans un communiqué de la Ville publié vendredi matin. Montréal ajoute que certaines situations ont bel et bien «été jugées contraires à la Politique de respect de la personne de la Ville».

Mme Fumagalli est visée par des allégations de harcèlement qui ont été dévoilées au grand jour en mai 2018. En août dernier, la direction générale de la Ville, pilotée par Serge Lamontagne, avait mandaté M. Bond de procéder à une enquête en profondeur du climat de travail dans l’arrondissement, après que des allégations de «comportement inapproprié» formulées «par des employés» aient visé la mairesse Fumagalli.

Du même coup, l’élue a été exclue du caucus de Projet Montréal par Mme Plante.

«Le contrôleur général continuera d’accompagner l’arrondissement et sa directrice dans ce dossier. Il assurera une vigie et pourra intervenir en cas d’incident», indique la Ville.

Mercredi, un reportage du Bureau d’enquête de Québecor révélait le contenu de plusieurs plaintes formulées au cours des derniers mois. Insultes, colères, propos racistes; plusieurs manquements sont ainsi reprochés à Mme Fumagalli. Celle-ci aurait notamment déclaré à propos d’une employée du bureau: «elle est handicapée, elle n’est capable de rien faire».

Alain Bond somme par ailleurs la direction de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension «de mettre en place immédiatement une procédure de communication» directe entre le cabinet de la mairesse Fumagalli et «la sphère administrative», avec pour objectif «d’assurer un milieu de travail sain et exempt de harcèlement».

Concrètement, cela signifie que toutes les communications devant avoir lieu entre les deux parties seront «limitées à la directrice d’arrondissement». La procédure prévoit également des dispositions advenant une marque d’incivilité ou de manque de respect envers un fonctionnaire», souligne-t-on.

Depuis le mois d’octobre, Mme Fumagalli était accompagnée dans ses fonctions par une personne nommée par le contrôleur général. Le communiqué ne précise pas si cet accompagnateur poursuit son travail.

Disant prendre «tous les moyens nécessaires» pour assurer un milieu de travail sain à ses employés, la Ville soutient toutefois que les rapports d’enquêtes ne seront pas rendus publics, et qu’elle ne commentera pas ce dossier dans l’espace public.

Aucune légitimé
Mme Fumagalli n’a plus «la légitimité» d’être mairesse de son arrondissement, a affirmé vendredi Valérie Plante lors d’une mêlée de presse au centre-ville de Montréal.

«Pour moi, c’est tolérance zéro. On doit travailler avec nos collègues dans l’harmonie et le respect et ce que je lis, ce que j’entends, c’est inacceptable», a martelé Mme Plante.

Cette dernière s’est dite troublée par les allégations «de harcèlement et d’incivilité» à l’égard de Giuliana Fumagalli. 

«Je pense que la population est en droit de se demander si Mme Fumagalli a encore la légitimité d’être mairesse […] Selon mes critères à moi, et ce qui a fait en sorte que je l’ai exclue de mon parti, la réponse est non.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Valérie Plante, qui demande à la mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension de faire un «examen de conscience», a toutefois rappelé qu’il n’est pas en son pouvoir de «congédier une élue».

Avec la collaboration de Zacharie Goudreault