Montréal

Pompières montréalaises: l’administration prône un «changement de paradigme» au SIM

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D’après des données de la Ville, la proportion d’employés issus de la diversité au sein du SIM a augmenté de 3% à 21% entre 2017 et 2019. Photo: Pablo Ortiz/Métro

Les pompières sont perçues comme moins compétentes que leurs collègues masculins, croit l’administration Plante. Un changement de direction doit s’opérer selon l’administration, alors que l’Institut de protection contre les incendies (IPIQ) enregistre un record d’inscriptions féminines cette année.

Un total de 16 jeunes femmes tenteront d’intégrer les rangs des pompiers cet automne, selon la Ville de Montréal.

«L’une des plus grandes préoccupations exprimée par ces jeunes femmes, c’est justement la perception des citoyens et de leurs collègues, qui pensent qu’elles ne sont pas nécessairement capables», explique à Métro la responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Rosannie Filato.

Femmes et minorités sous-représentées

Il est plutôt rare de voir des femmes combattre les feux à Montréal. Elles ne seraient que 29 sur plus de 2300 pompiers toujours actifs, soit à peine 1% de l’effectif.

«C’est un changement de paradigme qui doit se faire. On doit avoir un meilleur exercice de communication pour démontrer que les pompières sont aussi aptes à faire ces tâches-là. Elles le font au quotidien», martèle Mme Filato.

La situation demeure relativement la même pour les membres d’une minorité visible, qui ne sont que 24. Les Autochtones ne sont que cinq (0,2%), selon le plus récent rapport d’activités du Service d’incendie.

D’après la relationniste de la Ville, Gabrielle Fontaine-Giroux, les aptitudes des candidats et candidates au travail de pompier-pompière «sont évaluées via des tests physiques qui sont les mêmes pour tous», le métier étant très exigeant physiquement.

«Les évaluations ont été conçues afin d’éliminer toutes formes de discrimination systémique.» -Gabrielle Fontaine-Giroux, relationniste à la Ville

Mardi, l’élue municipale a rencontré les aspirantes-pompières de l’IPIQ en compagnie du directeur du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), Bruno Lachance.

La Ville assure que des mesures sont prises pour renverser la tendance. Par exemple, avant même d’être acceptées à l’IPIQ ou au SIM, les aspirantes peuvent suivre des cours préparatoires afin d’être admises plus rapidement.

De plus, si une caserne est rénovée ou si une nouvelle est mise sur pied, des endroits sont dorénavant spécifiquement réservés aux femmes.

«C’est un grand changement de culture au SIM», argue Mme Filato.

Bond important

D’après des données de la Ville, la proportion d’employés issus de la diversité au sein du SIM a augmenté de 3% à 21% entre 2017 et 2019. Ce qui fait dire à son directeur que l’organisation «est tournée vers l’avenir».

«Depuis plusieurs années déjà, nous déployons des actions afin de faire connaître le métier de pompier aux jeunes femmes et hommes de différents milieux.» -Bruno Lachance, directeur du SIM

Signe d’un manque criant, les pompiers de Montréal rendent annuellement visite à plusieurs établissements d’enseignement, dont le Collège Montmorency à Laval, pour inciter de jeunes femmes à faire le saut.

Depuis l’an dernier, la campagne Les filles ont le feu sacré permet aussi aux jeunes femmes et aux minorités visibles de «s’initier au métier de pompier» et de discuter avec des vétérans du milieu.

M. Lachance estime que ces efforts «portent leurs fruits», une augmentation des effectifs féminins se faisant sentir avec le temps. À l’automne 2017, un concours auquel participaient 954 candidats a permis de recruter cinquante recrues, dont 10 qui étaient des femmes, des minorités visibles ou des Autochtones.

Lors d’une commission sur la sécurité publique, il y a quelques mois, le directeur du SIM avait d’ailleurs exprimé le souhait de doubler «tous les groupes sous-représentés» au sein de son organisation.

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