Montréal

Un «boom» immobilier dans les résidences pour aînés fait craindre une hausse des loyers

Un «boom» immobilier dans les résidences pour aînés fait craindre une hausse des loyers
Photo: Archives MétroCe sont 45 personnes âgées qui pourraient participer au programme APIC dans le quartier.

La construction de résidences privées pour aînés s’accélère alors que la demande se fait croissante en raison du vieillissement de la population. En parallèle, la concentration de ces établissements entre les mains de quelques joueurs fait craindre des hausses de loyers pour les personnes âgées.

Au cours des deux dernières années, 11 795 unités ont été ajoutées au marché des résidences pour aînés au Québec, selon un récent rapport de la firme JLR Solutions foncières.

Pourtant, pendant cette même période, le nombre d’établissements pour personnes âgées a diminué, passant de 1837 à 1768 à l’échelle de la province.

Cette situation est attribuable à la fermeture de plusieurs résidences pour personnes âgées de petite taille au cours des dernières années. Celles-ci ont été remplacées par des «méga complexes» de quelques centaines d’unités, détenus par quelques entreprises.

«Le marché se concentre de plus en plus entre quelques gros joueurs.» – Extrait du rapport de JLR Solutions foncières. 

Croissance des loyers

Actuellement, le loyer moyen dans une résidence pour personnes âgées sur l’île de Montréal est d’un peu plus de 1900$, selon de récentes données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Il s’agit d’une hausse de près de 6% par rapport à l’an dernier, alors que le loyer moyen s’élevait plutôt à 1800$.

«C’est sûr que lorsqu’on arrive avec une résidence neuve, on n’est pas dans les moins chères. Souvent, elles vont être un peu plus chères», souligne l’économiste Joanie Fontaine, de la firme JLR Solutions foncières. 

La valeur foncière dans l’agglomération de Montréal a par ailleurs augmenté de près de 14% dans le dernier rôle d’évaluation foncière.

«Ça reste un peu comme pour n’importe quel logement. Si les terrains sont plus chers, il faut que les loyers augmentent un peu pour compenser», ajoute-t-elle. 

Précarité

Or, les personnes à la retraite ont généralement des revenus annuels qui stagnent. Les ménages locataires aînés comptent aussi «parmi les plus mal logés», selon un rapport du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) publié l’an dernier.

«C’est sûr que nous, la situation des locataires aînés nous inquiète depuis longtemps. Ce sont parmi les locataires les plus pauvres au Québec», affirme la porte-parole de l’organisme, Véronique Laflamme. 

Cette dernière craint que la concentration des entreprises qui possèdent des résidences pour aînés contribue à accroître «les risques d’abus».

À Montréal, selon l’organisme, plus de 50% des personnes aînées locataires dépensent plus de 30% de leurs revenus pour se loger.

Selon Mme Laflamme, la solution réside dans une aide financière accrue de la part de Québec dédiée aux organismes et aux coopératives d’habitation sans but lucratif pour aînés.

Répondre à la demande

La pression sur les résidences privées pour aînés sera croissante dans les prochaines années en raison du vieillissement de la population.

Afin de répondre à cette demande anticipée, environ 26 000 nouvelles unités devront être construites d’ici 2024, selon JLR Solutions foncières. 

«Plusieurs moyens sont mis en œuvre par notre gouvernement pour maintenir cette offre privée», assure Marjaurie Côté-Boileau, l’attachée de presse de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. 

Mme Côté-Boileau souligne notamment le crédit de maintien à domicile qui a été mis en place pour soutenir financièrement les personnes de 70 ans ou plus afin qu’elles «demeurent le plus longtemps possible dans leur milieu de vie».