Montréal

Chantiers: Montréal veut connaître «en temps réel» les entraves à la mobilité

Chantiers: Montréal veut connaître «en temps réel» les entraves à la mobilité
Photo: Josie Desmarais/MétroQuébec entend aussi, par ce programme, valoriser l’expertise de la recherche en mobilité, trop souvent dévalorisée ou pas suffisamment diffusée, ni utilisée.

Montréal lance un défi d’innovation afin de connaître «en temps réel» les entraves à la mobilité causées par les chantiers et le non-respect des conditions de permis. L’administration Plante mandatera bientôt Polytechnique Montréal de trouver des solutions à court et moyen terme. Le tout dans le cadre d’un nouveau programme entrepreneurial spécialisé en mobilité durable, dont les travaux commenceront en 2020.

«On peut s’imaginer que les avenues empruntées seront plus technologiques, parce qu’on parle de temps réel. Donc, il faudra sûrement poser des capteurs, explique à Métro la responsable du nouveau parcours intitulé Trajet-M, Vanessa Jouan. Ce n’est pas un sujet qui a été choisi au hasard. C’est ultra-prioritaire. La Ville travaille déjà là-dessus de son côté.»

La porte-parole ajoute que l’intelligence artificielle (IA) pourrait «tout à fait intervenir dans ce cadre-là».

«Il y a peut-être des solutions qui existent déjà ailleurs, dans d’autres secteurs. Peut-être faut-il juste les adapter à la mobilité et aux chantiers.» -Vanessa Jouan, responsable du programme à Polytechnique

Cinq autres organisations proposeront des défis aux membres du programme. Ceux-ci auront ensuite un an pour développer des outils performants qui répondraient rapidement aux besoins de l’entreprise. Taxelco – la nouvelle acquisition de Pierre-Karl Péladeau – souhaite pour sa part «ajuster l’offre des chauffeurs», afin de «réduire le temps d’attente et améliorer la qualité de services».

«Notre objectif, c’est vraiment d’imaginer la mobilité de demain. On veut aider, encadrer et nourrir ceux et celles qui ont des idées pour se déplacer dans les prochaines années», résume Mme Jouan.

En novembre dernier, la Ville avait annoncé que les commerçants perdant des revenus à cause des nombreux chantiers seraient compensés. À la hauteur de 30 000$ par année. Or, peu d’entre eux ont avaient sollicité l’aide municipale six mois après le lancement du programme, la considérant insuffisante, voire inutile.

Au cœur des débats

Un peu partout au Québec, l’innovation en mobilité est plus que jamais en effervescence, créant un besoin urgent pour une expertise nouvelle, d’après la responsable.

«Il y a énormément d’acteurs qui arrivent sur le marché de la mobilité durable, particulièrement à Montréal, observe-t-elle. On a un écosystème très en demande qui cherche des solutions, donc c’est sûr qu’il faut agir.»

L’idée remonte au début 2019, quand le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibon, a lancé un appel de projets pour développer des initiatives innovantes en mobilité durable. Une enveloppe de 245 000$ avait alors été accordée à Polytechnique, spécifiquement pour le Trajet-M.

Québec entend aussi, par ce programme, valoriser l’expertise de la recherche en mobilité, trop souvent dévalorisée ou pas suffisamment diffusée, ni utilisée.

«C’est de créer des ponts entre la recherche, le monde des affaires et les acteurs de la mobilité durable, résume Vanessa Jouan. On en fera ensuite des champs d’application pour créer de toutes pièces des entreprises au service de la communauté.»

Les appels à candidature sont lancés depuis quelques semaines sur le site de Start-Up Québec. Elles demeureront ouvertes jusqu’à la fin novembre, après quoi un jury sera composé pour sélectionner les entreprises-participantes au programme.