Montréal
14:42 19 décembre 2019 | mise à jour le: 19 décembre 2019 à 14:50 temps de lecture: 4 minutes

Locaux vacants: Montréal pressée de réduire les taxes des commerçants

Locaux vacants: Montréal pressée de réduire les taxes des commerçants
Photo: Zacharie Goudreault/ MétroLe directeur pour le Québec de la Fédération canadienne des contribuables, Renaud Brossard.

La mairesse Valérie Plante a reçu un miroir en cadeau de la part de la Fédération canadienne des contribuables (FCC), qui réclame une baisse du fardeau fiscal des commerçants alors que Montréal entend s’attaquer aux locaux vacants sur les artères de la métropole.

«Si l’administration Plante-Dorais se demande pourquoi il y a autant de locaux commerciaux vacants à Montréal, elle n’a pas à regarder plus loin que dans un miroir», a lancé jeudi le directeur pour le Québec de la FCC, Renaud Brossard. Ce dernier a donné un point de presse devant l’hôtel de ville à 11:00. Il est ensuite entré dans le bâtiment afin d’aller porter au bureau du greffe un grand miroir sur pied, emballé dans du papier cadeau rouge.

Le 10 décembre, la Ville de Montréal a tenu une séance d’information sur les locaux commerciaux vacants en prévision de l’audition des mémoires, qui aura lieu en janvier. Selon des données de la Ville, le taux moyen de locaux commerciaux vacants sur les artères de la métropole s’élève à 15%. Ce pourcentage grimpe par ailleurs à 26% sur les rues Saint-Denis et Sainte-Catherine Est.

Cette consultation permettra d’explorer différentes avenues pour contrer ce phénomène, notamment la possibilité d’imposer une taxe aux propriétaires de locaux commerciaux vacants ou encore de plafonner le prix des loyers commerciaux, comme cela se fait à Paris. L’administration municipale a toutefois rejeté récemment la possibilité d’un «gel» ou d’une «baisse drastique des taxes».

Or, «toute solution à la réduction du nombre de locaux commerciaux vacants doit passer par une réduction des taxes commerciales», a martelé M. Brossard.

Un sondage mené cet automne par la firme Segma Recherche auprès de 261 commerçants montréalais indique d’ailleurs que nombre d’entre eux réclament une baisse de leur fardeau fiscal. 

Les taxes les plus élevées

M. Brossard a souligné que les taxes commerciales de la métropole «sont les plus élevées au pays». À cet égard, un récent rapport du Groupe Altus souligne que métropole impose un taux moyen de 37,98$ par tranche de 1000$ pour les commerçants, un chiffre 56% plus élevée que la moyenne nationale.

«On aimerait que la ville de Montréal rejoigne la moyenne des municipalités canadiennes», a réclamé Renaud Brossard. 

Le rapport souligne également que le taux d’imposition des commerçants montréalais par valeur foncière est près de quatre fois plus élevé que celui réservé aux résidents montréalais.

«Les commerçants ont besoin d’un peu de répit. La première chose que l’administration peut faire, c’est d’arrêter d’extorquer les commerçants à ce point», a ajouté M. Brossard.

«L’administration montréalaise a tué nos artères commerciales à coups de taxes, surtaxes et autres mesures fiscales.» -Renaud Brossard, directeur de la FCC au Québec

Sur la bonne voie

Le cabinet de la mairesse Plante assure pour sa part faire beaucoup d’efforts pour faciliter la vie des commerçants de la métropole. Le budget 2020 de la Ville prévoit d’ailleurs une hausse moyenne de 1,5% de la taxe foncière des commerçants, soit sous le niveau de l’inflation. Un allègement fiscal de 12,5% est aussi prévu pour la première tranche de 625 000$ de la valeur des immeubles non-résidentiels.

Des efforts qui témoignent que Montréal est sur la bonne voie, selon le président de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal, Billy Walsh.

«Visiblement, tant et aussi longtemps que dans l’augmentation [des taxes] de la ville, l’augmentation au résidentiel est plus importante que pour le commercial, ça pousse à réduire l’écart», analyse-t-il en entrevue.

Ce dernier s’est d’ailleurs montré confiant que la consultation publique sur les locaux vacants permettra de trouver des solutions «pour réduire le fardeau fiscal des commerçants». 

«On n’a pas le choix», conclut-il. 

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