Montréal
03:30 8 janvier 2020 | mise à jour le: 7 janvier 2020 à 18:46

Une consultation publique sur le gaspillage alimentaire

Une consultation publique sur le gaspillage alimentaire
Photo: Archives | Métro

La Ville de Montréal tiendra une consultation publique sur le gaspillage alimentaire en parallèle de celle portant sur sa vaste stratégie d’atteinte de la cible de zéro déchet d’ici 2030 alors qu’une pétition lancée l’an dernier a recueilli le nombre de signatures requis.

Les élus du comité exécutif adopteront mercredi matin le processus de déclenchement d’une consultation publique sur «la cessation du gaspillage alimentaire».

«Montréal doit montrer l’exemple dans la lutte antigaspillage et, à mon avis, c’est tout à fait réalisable d’avoir des améliorations dans les 10 prochaines années parce que les gens le veulent», a déclaré à Métro Atlantide Desrochers, une citoyenne du Plateau Mont-Royal.

Mme Desrochers est à l’origine d’une pétition qui, après avoir été approuvée en juillet par le greffe de la Ville, a été accessible en ligne du 19 août au 16 novembre. Pendant cette période, la pétition a recueilli 15 848 signatures, ce qui dépasse le minimum des 15 000 signatures en 90 jours exigible à la tenue d’une consultation publique.

La consultation visera à établir les «changements réglementaires» et les «incitatifs» requis «afin qu’il n’y ait plus de gaspillage et de destruction d’aliments encore propres à la consommation par les commerces, les institutions et les industries», comme on peut le lire sur la pétition.

Selon des données du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, le gaspillage alimentaire entraîne des pertes annuelles estimées à 31 G$ au Canada.

«Cette consultation est indispensable parce qu’il faut que ça change. Je défends avec véhémence ceux qui ont faim et qui voient de la nourriture être gaspillée», a ajouté Mme Desrochers.

La Montréalaise est derrière la page Facebook Partage et solidarité, qui vise à sensibiliser la population au phénomène du gaspillage alimentaire et à redistribuer les surplus aux personnes dans le besoin.

Zéro déchet en 2030

La Ville devrait dévoiler prochainement le calendrier de cette consultation publique, dont la responsabilité relève de la Commission sur l’eau et l’environnement.

Cette même commission municipale entamera d’ailleurs dès jeudi des auditions des mémoires dans le cadre de la consultation publique sur le Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2020-2025 de l’administration de Valérie Plante.

Le plan vise à tendre vers le zéro déchet en détournant de l’enfouissement 85% des matières résiduelles de la métropole d’ici 2030. Pour y arriver, la Ville envisage notamment d’interdire aux géants de l’alimentation, comme les épiceries et les restaurants, de jeter des produits encore comestibles. La Ville entend aussi s’attaquer au gaspillage vestimentaire en interdisant aux commerces du textile de jeter les stocks invendus aux ordures.

«Montréal doit montrer l’exemple dans la lutte antigaspillage et, à mon avis, c’est tout à fait réalisable d’avoir des améliorations dans les 10 prochaines années parce que les gens le veulent», a commenté Mme Desrochers. 

La Montréalaise voit d’ailleurs d’un bon oeil cette consultation, qui sera son elle «complémentaire» à celle que la Ville devra amorcer en raison de sa pétition.

Selon des données de la Ville, l’agglomération de Montréal a généré près de 930 000 tonnes de matières résiduelles en 2018. Plus de la moitié de celles-ci ont pris le chemin de l’incinération.

«On a un énorme problème [de gaspillage alimentaire]. Mais ce n’est pas parce qu’on va rencontrer des problèmes en chemin qu’on doit baisser les bras. Il faut continuer d’aller de l’avant.» -Atlantide Desrochers, initiatrice de la pétition contre le gaspillage alimentaire

 

 

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