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13:10 9 septembre 2020 | mise à jour le: 9 septembre 2020 à 15:28 temps de lecture: 4 minutes

Coronavirus: Montréal pourrait bientôt se retrouver en «zone jaune»

Coronavirus: Montréal pourrait bientôt se retrouver en «zone jaune»
Photo: Josie Desmarais/MétroLa directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin.

Alors que la rentrée scolaire et les activités sociales font grimper le nombre d’éclosions de coronavirus dans la métropole, la Santé publique prévient que Montréal pourrait se retrouver bientôt en «zone jaune».

Mardi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a présenté son nouveau système d’alerte par région afin de mieux encadrer la pandémie. Actuellement, quatre régions québécoises sont en «zone jaune» en ce qui concerne le coronavirus, soit la Capitale-Nationale, l’Estrie, Laval et l’Outaouais. Ce mode de «pré-alerte» signifie que la transmission communautaire est en croissance dans ces régions. Actuellement, Montréal se trouve en «zone verte», ce qui signifie que la transmission communautaire y est actuellement faible.

Ce répit pourrait toutefois être de courte durée dans la métropole.

«Dans les deux dernières semaines, tous nos indicateurs sont en croissance, tant en matière d’augmentation des cas qu’en ce qui a trait aux taux de positivité dans certains arrondissements. Donc, c’est sûr que si on continue dans cette voie, on pourrait se retrouver dans la zone jaune d’ici une semaine», a laissé tomber mercredi la directrice régionale de santé publique de Montréal (DRSP), Mylène Drouin. Cette dernière a donné un point de presse à 11h pour faire le point sur la situation de la COVID-19 dans la métropole.

Au cours des dernières 24 heures, la Santé publique a répertorié 54 nouveaux cas de coronavirus à Montréal, pour un total de 30 246. Elle ne rapporte toutefois aucun nouveau décès relié à cette maladie, qui a fait 3474 victimes jusqu’à maintenant dans la métropole.

Rentrée scolaire et rassemblements

La rentrée scolaire amène son lot de défis, alors que la Santé publique analyse actuellement 69 cas de coronavirus détectés dans 64 écoles de Montréal, a indiqué Mme Drouin.

Il s’agit en grande partie de cas isolés, a-t-elle assuré. Ceux-ci ont néanmoins généré «plus de 700 personnes qui sont dans un isolement préventif actuellement», a-t-elle souligné. La DRSP fait aussi état de deux «petites éclosions bien délimitées» survenues dans des établissements scolaires. Dans un cas, il s’agit d’une transmission du virus d’un enseignant vers des élèves. Dans l’autre, le virus a été transmis par d’un élève à l’autre.

La Santé publique assure toutefois qu’elle ne prévoit fermer aucune école, pour l’instant.

«Évidemment, on se prépare au pire dans le cas où on aurait de grandes éclosions. Mais pour l’instant, on se concentre à tenter de limiter celles-ci», a indiqué Mme Drouin.

Les «activités sociales» en cause

Ce qui inquiète surtout la Santé publique, c’est la hausse des éclosions reliées à des «activités sociales». Lorsqu’ils se réunissent pendant des mariages, des soupers entre amis ou à la suite d’activités sportives, les Montréalais – notamment les jeunes adultes – ont tendance à relâcher l’application des mesures sanitaires, constate Mylène Drouin.

«Avec la rentrée scolaire, il faut être prudents parce que ces petites éclosions pourraient se rendre dans des écoles et des résidences pour aînés et avoir des conséquences majeures», prévient Mme Drouin.

La DRSP ne croit toutefois pas que Québec devrait interdire les rassemblements privés.

«Pour nous, que l’on ferme les bars ou qu’on interdise les rassemblements privés, ce n’est pas la solution. Pour l’instant, on mise davantage sur la sensibilisation de la population», assure-t-elle. Mylène Drouin a d’ailleurs fait part de son intérêt d’augmenter les ressources de dépistage et de sensibilisation dans certains quartiers de la métropole où peu de citoyens vont actuellement se faire tester, comme Snowdon, Parc-Extension et l’arrondissement de Saint-Léonard.

«Si nous constatons que ce genre d’éclosions continuent d’augmenter, ça pourrait indiquer qu’on doit augmenter le dépistage.» -Mylène Drouin, DRSP

Mme Drouin s’est toutefois réjouie de constater une baisse du nombre d’éclosions dans les milieux de travail au cours des dernières semaines. On en compte actuellement une vingtaine sous enquête, dont une survenue dans une garderie de la métropole. Le nombre d’éclosions causées par des travailleurs de la santé serait aussi en baisse, notamment en raison des mesures prises pour dépister ceux-ci régulièrement, a-t-elle souligné.

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