Montréal
11:20 14 janvier 2021 | mise à jour le: 14 janvier 2021 à 16:44 temps de lecture: 3 minutes

Plus que jamais, les Montréalais quittent pour la banlieue

Plus que jamais, les Montréalais quittent pour la banlieue
Photo: Josie Desmarais/MétroUn train de banlieue

L’étalement urbain s’accentue dans les alentours de Montréal, et la pandémie n’y est pas étrangère. En 2019-2020, la métropole a perdu au net près de 36 000 citoyens, et surtout au profit des banlieues.

Selon le dernier bulletin sociodémographique de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), un nombre total de 63 000 Montréalais a quitté vers une autre région administrative entre juillet 2019 et juillet 2020. En grande partie, ceux-ci ont décidé de prendre la direction d’un territoire adjacent, dont la Montérégie, Lanaudière, Laval et les Laurentides.

En comparaison, l’Île n’a accueilli que 27 000 «nouveaux arrivants» en provenance d’autres régions du Québec. Le taux net de -1,9% est le plus bas jamais enregistré à Montréal depuis que l’ISQ compile ce type de données.

Ce pourcentage continue de s’enfoncer dans le rouge. Cela fait cinq années de suite que Montréal encaisse un «taux net» pire que l’année précédente. L’an dernier, les pertes de la région s’élevaient à environ 27 000.

Effet pandémie

Selon les chercheurs de l’ISQ derrière le rapport, Martine St-Amour et Simon Bézy, il ne faut pas regarder bien loin pour expliquer ce fort exode.

«La pandémie a entraîné le déploiement du télétravail à plus grande échelle, de sorte que davantage de travailleurs ont la possibilité de s’établir à bonne distance», exemplifie-t-on.

Heureusement pour Montréal, remarque le directeur général de l’organisme Vivre en ville, Christian Savard, «Montréal était en très bonne posture» avant la crise sanitaire.

C’est que oui, la métropole perd des plumes, mais sa population totale continue de grimper à un rythme régulier. Et la raison est bien simple, constate Christian Savard. «Quand tu prends les chiffres de l’immigration internationale, ça corrige la tendance», souligne-t-il.

Par exemple, selon les chiffres de 2018-19, la métropole québécoise a accueilli plus de 28 000 immigrants.

Des gains en région

Dans les autres régions du Québec, 2019-20 rime avec augmentation du bassin de population. Ce sont les Laurentides qui enregistrent le gain net le plus important dans la province, avec une hausse de 1,5%.

En nombres absolus, c’est la Montérégie qui passe devant. La région de la Rive-Sud a enregistré 10 000 arrivées de plus qu’elle a enregistré de départs.

Lanaudière ferme le top trois.

Quelles solutions?

Christian Savard convient que la pénurie de logements abordables disponibles encourage les départs vers les banlieues proches. L’an dernier, Montréal a enregistré son plus bas taux d’inoccupation des logements en quinze ans.

«Les gens veulent vivre à Montréal, mais ne sont plus capables», constate le DG de Vivre en ville.

Il invite la Ville et le gouvernement du Québec à lancer un «grand chantier» de construction de logements sociaux.

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