Montréal
15:25 27 janvier 2021 | mise à jour le: 27 janvier 2021 à 15:35 temps de lecture: 2 minutes

Accueil Bonneau: les intervenants ont recours aux tribunaux

Accueil Bonneau: les intervenants ont recours aux tribunaux
Photo: Denis Germain

Afin de renverser la mise à pied de la totalité de ses intervenants de la halte-chaleur, le syndicat des employés de l’Accueil Bonneau a décidé de déposer une demande d’ordonnance devant le tribunal administratif du Travail (TAT), mercredi.

Une centaine de personnes ont manifesté leur appui devant les installations du Vieux-Port sur l’heure du dîner. Les slogans «Êtes-vous prêts à vous battre» et «Solidarité» étaient scandés par les ex-employés ainsi que par une poignée de sans-abri.

«Les mises à pied ont été décidées sans qu’on ait pu en discuter avec l’employeur, revendique la porte-parole du syndicat, Chloé Bourbiaux. On veut avoir l’occasion d’en discuter, de comprendre ce qui se passe.»

Onze intervenants ont été licenciés sans préavis, ce qui constituerait un accroc à leur convention collective, estime le syndicat. «C’est aberrant, scandaleux que l’employeur décide de couper un service essentiel, nécessaire à la survie», fustige la vice-présidente du Conseil central du Montréal-Métropolitain, Chantal Ide.

Certains sans-abri auraient cessé de fréquenter la halte-chaleur depuis. «Ils ne se sentent pas à l’aise quand ils viennent, se désole Mme Bourbiaux. Il ne faudrait pas qu’ils arrêtent à cause [du changement de personnel.»

Embauches parallèles

Plusieurs agents de sécurité de la firme Garda ont été embauchés après les mises à pied. Ils n’ont pas les compétences pour offrir du soutien en toxicomanie ou pour les problèmes en santé mentale des bénéficiaires, persiste à croire le syndicat.

«Ils ne sont simplement pas formés pour cela. L’intervention, c’est un service de première ligne, totalement essentiel pour les personnes en situation d’itinérance», détermine M. Bourbiaux.

Neuf cadres auraient également été embauchés par l’Accueil Bonneau. «Ça prouve qu’ils ont de l’argent, estime Mme Ide. Il devrait être plutôt investi dans les services aux usagers.»

Créée en novembre, la halte-chaleur accueille des itinérants à qui elle offre des aires de repos ainsi que des repas. Un service de navette leur est offert dans divers secteurs de Montréal.

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